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Pourquoi ça va (un peu) mieux pour l’État actionnaire

"LECHYPRE D'AFFAIRE" - Tous les jours à 7h20, on parle éco et conso avec Victor Joanin, dans "Apolline Matin".

Quand on parle de l'État actionnaire, on parle de son portefeuille d'actions, c'est-à-dire l'ensemble des entreprises que l'Etat détient en totalité ou en partie. C’est le cas d’EDF, de la SNCF, de Thales, de Renault, ou d’Orange... Il y en a 83 en tout. L'Agence de participation de l'Etat, une agence de Bercy très discrète mais très importante parce qu'elle gère ce portefeuille, l'APE a rendu son rapport d'activité mardi.

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Une bonne et une mauvaise nouvelle, la bonne, c'est que le portefeuille de l'Etat a repris des couleurs après une année 2020 horrible. C'était le choc de la crise Covid, les cours boursiers s'étaient effondrés et le magot de l'Etat avait fondu à 80 milliards d'euros. Aujourd'hui, ça va mieux, ce magot est remonté, il pèse 124 milliards d'euros.

Mais la mauvaise nouvelle, c'est qu'il n'a quasiment rien rapporté aux caisses publiques, à peine 300 millions d'euros de dividendes. C'est du jamais-vu depuis 10 ans, alors qu'en général les dividendes que l'Etat se met dans la poche s'élèvent à plusieurs milliards d'euros par an. Et cet argent, il sert à quoi? Il sert notamment aux investissements d'avenir et à rembourser la dette. Avec la reprise, la machine à cash va redémarrer, mais en attendant, c'est vaches maigres.

Des projets de privatisation toujours présents

L'autre conséquence de la crise, c'est que l'Etat fait tout pour que ces entreprises restent françaises et ne tombent pas aux mains d'actionnaires étrangers. Depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron, la doctrine est claire: on se concentre sur les entreprises stratégiques comme la défense, ou le nucléaire... Et on vend tout le reste pour renflouer les comptes publics.

Alors officiellement, les projets de privatisation sont toujours là, l'Etat veut se retirer d'Orange, d'Engie, d'Air France-KLM quand le transport aérien ira mieux, mais dans le même temps, le patron de l'Agence de participation de l'Etat le dit, il ne faut pas être naïf, quand l'Etat sortira du capital de ces entreprises françaises, il faudra que l'actionnariat reste Français, que les centres de décision restent en France. Et du coup, forcément, cette stratégie bleu-blanc-rouge réduit les candidats au rachat et freine les projets de privatisation du gouvernement.

Victor Joanin