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Supprimer en priorité des conseillers municipaux, "ce serait une atteinte grave à la démocratie locale"

Le ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard, a estimé mardi que la réduction du nombre d'élus locaux exigée par Emmanuel Macron devrait "dans un premier temps" concerner les conseillers municipaux. "Ce n'est pas là qu'on fera des économies", estime sur RMC, André Laignel, vice-président de l'Association des maires de France, qui rappelle que beaucoup sont bénévoles.

Le ministre de la Cohésion des Territoires Jacques Mézard a estimé mardi que la réduction du nombre d'élus locaux souhaitée par Emmanuel Macron devrait "dans un premier temps" viser les conseils municipaux. Pour André Laignel, vice-président de l'Association des maires de France (AMF), c'est "une grave erreur d'analyse". "Qu'est-ce qui fait la République au quotidien? Ce sont les élus locaux et particulièrement les conseillers municipaux", a rappelé l'élu, invité de Bureau de vote sur RMC. Pour André Laignel, ce n'est de toute façon "pas là qu'on fera des économies".

"Je rappelle que 90% des conseillers municipaux n'ont aucune indemnité et sont totalement bénévoles. Et dans les petites communes, les adjoints aux maires ont des indemnités qui ne couvrent même pas les frais qui sont les leurs".

"Avoir 550.000 élus locaux, c'est une chance pour la démocratie"

"C'est une chance pour la démocratie et la République d'avoir 550.000 femmes et hommes qui acceptent de se consacrer à la chose publique, d'être au contact de la population, estime le vice-président de l'AMF. Avoir par exemple 34 élus municipaux dans une ville de 50.000 habitants - ce qui ne fait même pas un élu pour 1.000 habitants -, vous croyez que c'est trop pour garder le contact et préserver le lien social? C'est purement démagogique et c'est une atteinte grave à la République et à la démocratie locale".

P. Gril avec Raphaëlle Duchemin