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Toulouse: pour limiter le chômage, les entreprises de l’aéronautique se prêtent des salariés

Quelle sera l'ampleur des dégâts dans le monde du travail? Les entreprises tentent de limiter la casse, comme à Toulouse où les entreprises de l’aéronautique se prêtent des salariés.

Une start-up propose aux entreprises de l’aéronautique en difficulté de "prêter" leurs salariés à d'autres entreprises qui ont besoin de leurs services. Un pari gagnant-gagnant, de quoi éviter les licenciements pour l'entreprise en difficulté et étoffer les talents de l'entreprise qui accueille. Bien pratique alors que le secteur de l’aéronautique connaît une période de turbulences.

Laetitia Chaynes dirige une PME de 100 salariés, dont une vingtaine dans un bureau d’études aéronautique à Toulouse. En cas de difficultés, et pour éviter des licenciements, elle proposera une réorientation à ses collaborateurs. 

“Par exemple, un ingénieur conception dans l’aéronautique qui pourrait mettre ses compétences au service de l’industrie de l’éolien et qui pourrait designer des pales dans le secteur de l’éolien, c’est tout à fait le type de transfert, de passerelles qu’on pourrait mettre en place avec la plateforme”, explique-t-elle.

Le salaire "garanti"

Et Christine David, présidente de la société Weather Force, spécialisée dans le traitement des données météorologiques, est prête à ouvrir ses portes. “Nous, on est persuadé à Weather Force depuis le départ que la complémentarité des profils, c’est vraiment cela qui crée la valeur. Et que particulièrement sur la filière aéro, ce sont des personnes qui ont des process, des méthodes de travail ! C’est une filière d’excellence, c’est donc très intéressant”, affirme-t-elle.

Changement d’entreprise, mais “salaire garanti”, promet Bastien Vialade, président de StaffMan, à l’origine de cette plateforme.

“Alors il y a deux façons aujourd’hui de fonctionner, avec la sous-traitance assez classique qui est connue dans le secteur. C’est l’entreprise qui a le besoin qui reçoit le salarié, et qui va payer sous forme d’un contrat de sous-traitance, ou alors il y a aussi un fonctionnement de prêt de personnels, et là, on est à prix coûtant sur la prise en charge du salaire du salarié. Le salarié lui reste toujours salarié en CDI dans son entreprise initiale”, indique-t-il. 

Dans la région toulousaine, le secteur de l’aéronautique emploie près de 150.000 personnes, réparties dans un peu plus de 2000 PME.

Jean-Wilfrid Forquès avec Guillaume Descours