RMC

Arnaud Montebourg: "Nous sommes arrivés en bout de course de l'Union européenne"

Arnaud Montebourg, candidat à l'élection présidentielle a répondu en direct aux questions des auditeurs de RMC ce mardi. Union européenne, service militaire, situation des entreprises, retrouvez les principales déclaration de l'ancien ministre.

Arnaud Montebourg se présente à l'élection présidentielle et veut incarner une alternative à François Hollande. Son ancien ministre du Redressement productif et de l'Economie souhaite aussi avec sa candidature "assurer le renouvellement". Face aux auditeurs de RMC, il a détaillé certaines de ses propositions. 

> A-t-on les moyens d'un service militaire obligatoire et universel? 

"Je ne pense pas que ça coûte cher par rapport à ce que ça rapporte aux pays en termes de puissance d'action, de moyens humains à mettre sur le terrain, y compris dans les territoires oubliés de la République (...). Nous avons fait un chiffrage, ça coûte 3 milliards (...). Google doit à peu près 1,5 milliard d'impôts non payés à la France. On sait qu'une entreprise qui a beaucoup de puissance, qui est mondialisée, qui pose un certain nombre de problèmes vis à vis de l'optimisation fiscale et d'évasion fiscale qui ne paye pas d'impôts c'est déjà la moitié du prix du service militaire. Si vous mettez la totalité des chiffres de l'évasion, si on met Facebook, Amazone, Apple, on est à un milliard et demi. Donc finalement on peut faire à peu près l'équilibre, ça paiera notre service militaire". 

> Arnaud Montebourg veut un nouveau traité européen, comment faire en cas de blocage des autres pays? 

"Je crois que nous sommes arrivés en bout de course de l'Union européenne et qu'elle est en train de mourir, donc le sujet ne se pose pas en termes juridiques, il se pose en termes politiques. (...). La France ne trouve plus son intérêt dans l'Union européenne. L'Union européenne nous a laissé nous enfoncer dans la crise alors que le monde entier en est sorti. Il y aura des divergences mais reprenons les cinq ou six pays les plus puissants de l'Union européenne et voyons comment nous faisons ensemble (...). Je considère que les traités actuels sont frappés de caducité. Je m'inspirerais volontiers de ce qu'a fait le général de Gaulle, la politique de la chaise vide, la grève de l'Union européenne (...). Je ne suis pas favorable à la sortie de l'Union européenne, au Brexit français, mais il n'est plus possible d'accepter cette Europe-là. 

>Pourquoi n'a-t-il pas agi lorsqu'il était au gouvernement? 

"Ca a été une lutte à l 'intérieur du gouvernement, une lutte ininterrompue, très sévère. Il m'a fallu deux ans. Quand j'ai compris que je n'avais aucune chance de faire valoir mon point de vue, je ne voulais pas endosser les choix de l'austérité qui ont été ceux du quinquennat de François Hollande, quand il a fallu partir je suis parti. Sans filet et je me suis reconverti dans le privé." 

>Comment donner de l'air aux PME et favoriser l'emploi? 

"Il va falloir donner stabilité et confiance à ce qui est notre trésor national, c'est-à-dire ce réseau de PME, de petites entreprises, artisans, commerçants, startups dans tous les secteurs. Il va falloir que la mobilisation nationale de toutes les ressources du pays soit pour elles. C'est là qu'il faut concentrer les baisses d'impôts pour les entreprises. C'est là qu'il faut négocier avec les représentants des PME une stratégie de protection de ces entreprises-là pour que sur 5 ans elles sachent exactement où elles vont et qu'il y ait une sorte de moratoire."

C. B