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Baisse du chômage: "60.000 chômeurs de moins, c'est une goutte d'eau pour nos concitoyens"

REACTIONS - Le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A a diminué de 60.000 en mars dernier, soit une baisse de 1,7%. Du jamais vu depuis avril 2006. Et même, en valeur absolue, depuis 2000. Pour autant, peut-on parler d'un début de reprise?

Forte baisse du chômage au mois de mars, la plus forte du quinquennat. Le nombre de demandeurs d'emplois en catégorie A a baissé de 1,7% le mois dernier, selon les chiffres du ministère du Travail publiés mardi soir, soit une diminution de 60.000 demandeurs d'emploi. Une baisse inédite sur un mois depuis septembre 2000. Fin mars, on comptait donc 3,53 millions de demandeurs d'emploi en France. Ce bon chiffre doit toutefois être relativisé car si sur trois mois, depuis le début de l'année, le chômage a baissé de 1,4%, sur un an, il a augmenté de 0,5%. Dès lors, peut-on parler d'une simple embellie ou d'un réel début de reprise?

Pour Razzy Hammadi, député PS et porte-parole du Parti socialiste, pas de doute "ça va mieux": "Depuis 16 ans, la France n'avait jamais connu une telle baisse donc évidemment que c'est positif, que c'est encourageant mais on met le paquet, assure-t-il". "Les 225.000 demandes au dispositif 'Soutien au premier emploi pour les PME' qui permet une aide de 4.000 euros sur les nouvelles embauches au Smic, ça n'est pas rien", estime-t-il encore avant d'ajouter, ironique: "Quand le chômage baisse, c'est à cause de la météo et quand il augmente c'est à cause de la gauche. Non, nous faisons le job !"

"Ne pas crier victoire trop vite"

De son côté, Eric Woerth, député LR de l'Oise et secrétaire général du parti Les Républicains, considère que l'"on est au niveau de chômage le plus élevé depuis 1997 donc 60.000 chômeurs de moins, par rapport à ce niveau élevé, c'est malheureusement une goutte d'eau pour nos concitoyens". "Pour que le chômage baisse, il faut des politiques publiques plus actives, avance-t-il. Il faut aussi une croissance plus forte. Or la croissance en 2016 est annoncée avec un manque de vigueur tout à fait considérable. L'arbre de ce mois de mars ne peut pas cacher la forêt de mauvais résultats économiques depuis toutes ces années".

Pour Eric Heyer, économiste à l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), "il ne faut pas crier victoire trop vite mais effectivement on peut dire qu'enfin sur un trimestre il y a une baisse significative. C'est assez réconfortant et cohérent avec ce que l'on voit sur l'activité, dans le climat des affaires. On voit que cela se redresse petit à petit".

Maxime RIcard avec Jean-Baptiste Durand