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Bordel: à La Souterraine, on estime qu'Emmanuel Macron a remis de l'huile sur le feu

RMC a suivi l'interview présidentielle aux côtés de salariés de GM&S, à La Souterraine. Des salariés "écœurés", alors qu'Emmanuel Macron a dit assumer l'emploi du mot "bordel", qu'il avait lâché en marge d'une manifestation de salariés.

Lors de son interview télévisée, Emmanuel Macron s'est défendu dimanche soir d'avoir voulu "humilier" ou d'avoir été "clivant" en employant des termes comme "fainéants", "cyniques" ou "bordel" qui ont suscité la polémique. Interrogé sur le caractère humiliant de sa sortie sur "ceux qui foutent le bordel", visant des employés de l'entreprise GM&S, le président a répondu qu'il n'avait "pas cherché à humilier". "Nos élites politiques se sont habituées à ne plus dire les choses, à avoir un discours en quelque sorte aseptisé. Et à considérer que ce qui était intolérable, c'était le mot qu'on mettait et pas la réalité", s'est-il justifié.

"D'entendre ça, j'ai les boules"

Une réponse qui n'a pas convaincu les salariés de GM&S, auprès desquels RMC a suivi l'intervention télévisée du chef de l'Etat, à la Souterraine dans la Creuse. "Je suis écœuré", lâche Jean-Marc 53 ans, qui travaille à la GM&S depuis 31 ans. "On a été blessé par ses propos. Mais au lieu de faire un mea-culpa, il en rajoute une couche. Il essaie de nous isoler, de nous extrémiser, alors qu'on ne l'est pas du tout. D'entendre ça, j'ai les boules".

Une opinion partagée par Patrice, qui était agent de sécurité chez GM&S, et qui ne cache pas son désespoir. "Est-ce qu'il faut qu'il arrive une catastrophe pour qu'on entende les gens? J'ai peur que ça finisse par arriver. Ces gens-là ne se rendent pas compte de la réalité".

"L'emploi ? Il n'y en a pas"

Ce sentiment des salariés est partagé par les élus locaux. Philippe Richert, élu à La Souterraine s'était rendu à Égletons en Corrèze, il y a deux semaines lors du déplacement d'Emmanuel Macron, lorsque ce dernier avait eu ses propos polémiques. Il estime que le président a avivé la colère et que l'emploi dans la région et le maintien de services publics sont menacés. "Il a remis de l'huile sur le feu, et les actions vont continuer. Ce n'est pas ce qu'il fallait faire. L'emploi? Il n'y en a pas. C'était la deuxième entreprise du département, maintenant il n'y a plus rien. C'est une catastrophe pour notre ville et notre département. Ça peut vouloir dire fermeture d'école et de services publics. Beaucoup de salariés de GM&S prenaient le train à la gare de La Souterraine, alors notre gare est certainement menacée par ces suppressions d'emplois".

P. G. avec Pierre Gallacio