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Contrats saisonniers: pourquoi la FNSEA est inquiète

La FNSEA alerte sur le projet de suppression de l'exonération des charges sociales que le gouvernement envisage sur les contrats saisonniers. Certaines filières  s'appuient beaucoup sur ces contrats et craignent une catastrophe.

La FNSEA a peur pour les contrats saisonniers. Lors d'un rendez-vous en juillet entre les représentants de la FNSEA et Edouard Philippe en juillet, le Premier ministre a annoncé que le gouvernement envisageait la suppression de l’exonération des charges sociales sur les travailleurs saisonniers. Or ces contrats sont indispensables pour le domaine agricole.

Cette suppression pourrait faire partie du projet de loi de finances, dont l’application est prévue en janvier 2019. Selon la FNSEA, c'est désormais au ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, de tenter de trouver une issue budgétaire à cette suppression envisagée du dispositif Travailleur Occasionnel Demandeur d’Emploi (TODE). 

Une augmentation de 1,5 euro par heure de travail

Alors que les emplois saisonniers dans l'agriculture représentent 1 200 000 contrats par an, contre 315 000 salariés permanents, cela correspondrait à une augmentation de 1,5 euro par heure de travail.

Le coût du travail serait augmenter et pourrait donc affecter la compétitivité des produits français comparé aux productions italiennes, espagnoles ou allemandes notamment. 

Jérome Volle, vice-président de la FNSEA craint une énorme perte pour l'économie agricole.

"C'est complètement catastrophique. Sur la pêche, l'abricot ou la cerise, 50 des charges du chiffre d'affaires de l'exploitation est représenté par la main-d'oeuvre. Si on augmente de 20 à 30% cette masse salariale, c'est au-delà du résultat que l'entreprise peut faire. Cela veut dire qu'il y a un certain nombre d'entreprises qui arrêteront très clairement. C'est une catastrophe"
Bettina de Guglielmo (avec J.A.)