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Débat présidentiel: "les candidats se chamaillent, c’est la course aux voix", regrettent les salariés de Vivarte

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Depuis l’annonce de deux plans sociaux dans le groupe Vivarte (André, Naf Naf, La Halle…), 900 postes sont menacés dans l'entreprise. Mardi soir, plusieurs salariés se sont réunis pour écouter les propositions pour l’emploi des candidats à la présidentielle. Avec beaucoup de déception, selon Karim Cheboub, coordinateur CGT dans le groupe, qui l'explique à RMC.fr.

Karim Cheboub est le coordinateur CGT pour le groupe Vivarte.

"Devant ce débat, on ressent de la déception. Parce qu’on s’attendait à ce que l’un des candidats cite notre groupe. C’est quand même une lutte qui dure depuis plusieurs mois, mais personne ne nous a cité. D’un point de vue général, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud parlent des travailleurs, des salariés, des licenciements… Eux ont entendu notre lutte. C’est ce qui nous a le plus touché. Certains d’entre nous ont aussi une sensibilité par rapport à Jean-Luc Mélenchon.

On s’est réuni parce que c’est notre avenir, et celui de tous les Français. Et que celui qui va présider à la destinée du pays pendant cinq ans va aussi prendre des décisions qui vont concerner tous les Français, à quelque niveau qu’ils soient. Les questions sociales, toutes ces choses-là, cela nous intéresse.

"On a surtout vu beaucoup de confusion"

Mais très franchement, on a surtout vu beaucoup de confusion. Vraisemblablement parce que les candidats sont très nombreux, donc ils ne vont pas sur le fond, ils ne développent pas leurs idées. Ils ne déroulent pas sur les difficultés des salariés, sur leur pouvoir d’achat. Le travail à temps partiel, on n’en a pas parlé. Ce sont des sujets d’actualité, que les salariés vivent tous les jours, et ils aimeraient bien savoir comment on peut résoudre ces problèmes.

"Des actionnaires avides de rentabilité immédiate"

Heureusement, notre lutte a été assez bien médiatisée. Parce que les licenciements boursiers par exemple, ça intéresse tous les Français. Dans notre cas à nous, ça reste un groupe rentable! Mais qui est bouffé par des actionnaires avides de rentabilité immédiate. Mais quand on construit une entreprise, c’est aussi un projet à moyen et à long terme. Et au-delà de notre cas, il y a beaucoup des salariés qui sont dans des entreprises qui marchent bien mais qui licencient quand même. 

Au final, sur l’essentiel, dans ce débat, on parle beaucoup plus de choses périphériques, on voit des candidats qui se chamaillent alors qu’ils devraient être d’accord. C’est la course aux voix. Si on le vit comme une frustration? Probablement, parce qu’on a l’impression que certains candidats, pas tous, n’entendent pas ce que les Français attendent de celui qui va présider le pays".

Propos recueillis par Antoine Maes