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Demande d'enquête parlementaire sur les violences dans les manifestations: "Une mascarade"

Huit organisations syndicales demandent l'ouverture d'une enquête parlementaire à propos des violences dans les manifestations

Huit organisations syndicales demandent l'ouverture d'une enquête parlementaire à propos des violences dans les manifestations - AFP

REACTIONS - Huit organisations, dont la CGT et Solidaires, ont réclamé mercredi dans un communiqué l'ouverture d'une enquête parlementaire sur les "dysfonctionnements" du maintien de l'ordre et "les choix opérés par le ministère de l'Intérieur" lors des manifestations contre la loi Travail.

Afin de mettre fin aux polémiques sur la responsabilité des syndicats, notamment de militants de la CGT dans les violences du 14 juin, huit organisations (CGT-FSU-UNL- Unef, FIDL, Solidaires, SAF et la Ligue des Droits de l'Homme) ont réclamé ce mercredi l'ouverture d'une enquête parlementaire. Une enquête sur les "dysfonctionnements" du maintien de l'ordre et sur "les choix opérés par le ministère de l'Intérieur" lors des dernières manifestations.

Une enquête "indispensable"

Les syndicats assurent que "de nombreux manifestants ont été délogés, pourchassés, blessés, interpellés par les forces de police alors même qu'ils n'ont commis aucune infraction." "Dans le même temps, certains individus responsables de 'casse' sont contenus en tête de cortège sans jamais être neutralisés par les forces de police", accusent-ils encore, estimant cette enquête "indispensable".

Ce que confirme, sur RMC, Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU: "Il nous a semblé important de faire toute la lumière sur ce qu'il se passe en marge de nos manifestations. Comment se fait-il qu'il puisse y avoir de semaines en semaines des groupes qui défilent et commettent des dégradations sans que jamais il ne semble possible d'y remédier et d'intervenir?" Et d'ajouter: "On pense qu'il n'est pas bon pour une démocratie de fonder des discours sur des a priori ou des polémiques. Nous voulons que cela soit fondé sur des faits tangibles. C'est pour cela que nous avons saisi les parlementaires".

"Un écran de fumée"

De son côté Philippe Gosselin, député LR de la Manche, se dit "outré" par ce qu'il juge être une "manœuvre politique" des syndicats. "Que les syndicats, ou certains d'entre eux, veuillent faire leur compte au gouvernement, c'est une chose. Cela relève du débat politique. Mais de prendre, d'une certaine façon, en otages les forces de l'ordre qui sont sollicitées de toutes parts, qui sont exsangues, fatiguées c'est de la petite cuisine". Et, cinglant, d'asséner: "J'espère qu'aucun groupe politique au parlement ne s'associera à cette espèce de mascarade".

Interrogé à ce sujet ce jeudi dans Bourdin Direct, Nicolas Comte, secrétaire général adjoint et porte-parole du syndicat de police Unité SGP-FO, considère qu'il s'agit "encore une fois d'une mise en accusation de la police". "C'est un écran de fumée. A chaque fois, c'est la même chose. Des gens viennent, se cagoulent, démontent du bitume, enlèvent du pavé et le jettent sur les forces de l'ordre et après on va nous expliquer qu'il faut faire une commission d'enquête pour savoir si la police n'a pas fait des arrestations arbitraires. On marche sur la tête !"

M. Ricard avec C. Checcaglini et S. Collé