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Des usines à l'arrêt face à la hausse des prix: "Les jours chômés, on est à moins 15% de salaire"

Des entreprises sont contraintes de mettre à l'arrêt des machines, temporairement, car produire leur coûte trop cher. La raison? La hausse des prix de l'énergie. Par exemple, à l'usine Ascometal de Fos, le coût annuel de l’électricité passerait de 7 millions d’euros en 2022 à 80 millions d’euros en 2023. Les salariés, eux, perdent du salaire.

Dans l'entreprise Arc, spécialisée dans la fabrication de verre dans le Nord, c'est un coup de massue qui vient de s'abattre sur les salariés. Deux jours de chômage sont prévus par semaine pour les 1.600 salariés, à la suite de l'arrêt d'une partie des machines. Ceux qui espéraient une augmentation de salaire à la suite de l'inflation vont finalement en perdre.

"On est, à peu près, sur les jours chômés, à 15 ou 16% de baisse de salaire. Ça n’est pas acceptable et possible dans les circonstances actuelles d’inflation", explique Frédéric Specque, délégué CGT d'Arc.

La décision qui court jusqu'à décembre, minimum, a été prise à contrecoeur par les dirigeants. "Notre facture de gaz, c’est +400%. On se fait percuter, il n’y a pas d’autre mot, par le prix de l’énergie", déplore Guillaume Rabel Suquet, l'un d'eux.

De 7 à 80 millions d'euros d'électricité par an

Cette entreprise n'est pas la seule concernée. Dans le même secteur, Duralex met en veille sa production de verres dans le Loiret. Dans le Pas-de-Calais, c'est l'aciérie Aperam qui passe ses salariés 12 jours au chômage, rien que ce mois-ci.

D'autres usines y songent car les prévisions ne sont pas bonnes. Chez Ascometal, sur la seule usine de Fos-sur-Mer, le coût annuel de l’électricité passerait de 7 millions d’euros en 2022 à 80 millions d’euros en 2023.

"On ne sait pas si on va être arrêté ou pas, beaucoup de personnes se posent de questions sur ce qui va arriver après, si on s’arrête sur des périodes aussi longues", s'inquiète Ugur Yagiz, lui délégué CFE CGC chez Ascometal.

Deux sites de son entreprise, situés en Moselle et dans les Bouches-du-Rhône, pourraient fermer six semaines avant la fin de l'année.

La France n'est pas dans une situation unique. De nombreuses usines à travers l'Europe se trouvent dans la même difficulté.

Maryline Ottmann (avec Astrid Bergere)