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"Fatigue physique, nerveuse": quand l'employeur refuse le télétravail à ses employés pendant la grève

Depuis le début de la grève, certains employés n’ont pu rejoindre leur travail, faute de transports. Et si certains employeurs acceptent que leurs salariés travaillent de chez eux, d'autres y sont réticents.

Marion travaille dans les télécoms. Covoiturage, train bondé, bus… Trois heures de trajet au total pour rejoindre son entreprise. Elle a donc demandé à son employeur si elle pouvait travailler de chez elle pendant la grève ce qu'il a refusé: "L'entreprise invoque un problème de sécurisation informatique et de durée du travail".

Résultat mercredi, la salariée a posé une journée de RTT. Jérôme lui, réfléchit même à prendre des jours de congés. Ce jeune cadre francilien est épuisé: "Il y a la fatigue physique, nerveuse. On aimerait que l'entreprise fasse un geste aussi et l'entreprise ne le fait pas. Je me pose même la question de démissionner".

"Tous les postes ne sont pas adaptés au télétravail"

D'un point de vue strictement juridique, le télétravail n'est pas une obligation pour l'employeur, qui est peut donc tout à fait le refuser à ses salariés, explique Maitre Laura Marques, avocate spécialiste en droit du travail: "Soit il y a un accord collectif, soit on se met d'accord de gré à gré avec l'employeur. Il est certain que tous les postes ne sont pas adaptés à une activité en télétravail et on ne peut pas laisser un salarié travailler à son domicile qui ne serait pas équipé pour travailler à distance".

L'avocate précise que dans des situations particulières comme un mouvement de grève, il faut anticiper, c'est le meilleur moyen de trouver des solutions entre employeurs et salariés.

Maxime Brandstaetter et Marie Monier