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Faut-il durcir le contrôle des chômeurs?

Selon le Canard Enchaîné, le gouvernement envisagerait de durcir le contrôle des chômeurs qui devraient désormais détailler les démarches qu'ils mènent chaque mois pour trouver un emploi.

Le gouvernement envisage de durcir certaines sanctions dans le cadre de la future réforme de l'assurance chômage. Selon les informations du Canard enchaîné, une recherche insuffisante, un refus de formation ou un refus de deux offres d'emploi jugées raisonnables, entraînerait une réduction des allocations de 50% pendant deux mois. En cas de récidive, elles seraient supprimées pour une durée de deux mois.

Actuellement, en cas de recherche d'emploi insuffisante ou de refus de formation, un chômeur peut voir son allocation réduite de 20% pendant deux à six mois. En cas de manquement répété, l'allocation baisse de moitié pendant deux à six mois, voire est supprimée définitivement.

Un "rapport d'activité mensuel"

En outre, chaque demandeur d'emploi devra remplir un "rapport d'activité mensuel", listant l'ensemble des démarches effectuées pour favoriser son retour à l'emploi. Pierre Gattaz, numéro un du Medef, avait suggéré en octobre un contrôle "journalier", hebdomadaire" ou "mensuel" des demandeurs d'emploi, suscitant un tollé.

> Pour Thibault Lanxade, vice-président du Medef la création de ce rapport d'activité mensuel n'a rien de choquant:

"Il ne faut pas qu'il y ait de tabou. Parler du contrôle de l'assurance chômage, plus exactement des demandeurs d'emploi ne doit pas être un sujet tabou. Faire en sorte que le demandeur d'emploi puisse être stimulé le plus rapidement possible pour être en recherche active, mais également s'il était amené à resquiller, être contrôlé ça me paraît être tout naturel".

> Pour Benjamin Amar, responsable de la politique revendicative de la CGT, avec ce rapport mensuel d'activité, le gouvernement prend définitivement parti pour le patronat:

"Cette mesure du rapport d'activité résonne comme un écho à ce que Pierre Gattaz a dit quand il parlait d'un contrôle hebdomadaire ou quotidien des chômeurs. A l'époque le gouvernement faisait semblant de pousser des cris d'orfraie en disant qu'il n'était pas d'accord. En réalité si, le Medef a sifflé, le gouvernement court. Comme si les privés d'emplois avaient un grand plaisir à vivre le chômage comme une sorte de pays de cocagne et qu'ils se complaisaient dans l'oisiveté, c'est odieux".

La négociation sur la réforme de l'assurance chômage doit débuter le 11 janvier et s'achever mi-février.

P.B.