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Fermeture de l'usine NLMK à Beautor: "On se demande si on n'aurait pas dû tout casser, tout brûler"

L'aciérie de Beautor ferme ses portes à la fin du mois (illustration)

L'aciérie de Beautor ferme ses portes à la fin du mois (illustration) - Sebastien Bozon / AFP

TEMOIGNAGES - Alors que l'éventuelle fermeture de l'usine Alstom à Belfort fait grand bruit, à Beautor (Aisne), l'entreprise NLMK va, elle, fermer à la fin du mois, laissant 208 salariés sur le carreau. En colère, ceux-ci se disent totalement oubliés par les pouvoirs publics.

"Pourquoi Belfort et pas Beautor"? Dans le département de l'Aisne, c'est la banderole qui flotte désormais devant l'usine NLMK, l'aciérie de Beautor. Les 208 salariés sont en colère, indignés de voir que l'Etat fait tout pour sauver le site d'Alstom à Belfort, alors que leur aciérie a fermé ses portes dans l'indifférence générale. L'usine a en effet mis la clé sous la porte cet été, laissant 208 salariés sur le carreau. Le mois prochain, les salariés vont se tourner vers le conseil des prud'hommes pour tenter d'arracher davantage d'indemnités, mais n'ont plus aucun espoir pour l'entreprise.

"Aujourd'hui, ce qui est pesant, c'est le silence sur le site, assure l'un des salariés à RMC. Cela commence à faire usine-fantôme". Il y a deux mois, les machines ont été définitivement arrêtées. Une fermeture après plus d'un siècle, le tout dans l'indifférence générale. Ce que Jean-Paul a du mal à comprendre: "Tout le tapage que l'on fait autour d'Alstom, à leur trouver des commandes etc. Nous, personne n'est allé voir l'un de nos clients comme Peugeot ou Volkswagen pour leur demander de nous aider à survivre en achetant chez nous. Cela fout un peu les boules (sic). Il y a vraiment deux poids, deux mesures. Cela nous paraît injuste".

Alors forcément, certains d'entre eux, comme Thomas s'interrogent. Aurait-il fallu se mobiliser autrement? "Ici les gens ont travaillé jusqu'au bout. On n'a rien cassé, rien cramé. On se demande s'il ne fallait pas le faire pour se faire entendre. Parce qu'au final on a fait ça proprement et ça s'est terminé dans le silence". Depuis quelques semaines leur banderole "Pourquoi Belfort et pas Beautor" est accroché sur les grilles du parking. Elle a fait venir les journalistes et donné un peu de visibilité à l'usine. Mais le combat est déjà perdu. Le 30 septembre, la totalité des salariés sera licenciés.

M.R avec Marie Régnier