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Grève au CHU de Caen: "Je me suis déjà pris un coup de genou dans le ventre", confie une infirmière

Un visiteur se promène dans le couloir du CHU de Caen le 12 septembre 2012.

Un visiteur se promène dans le couloir du CHU de Caen le 12 septembre 2012. - CHARLY TRIBALLEAU - AFP

Plusieurs services du CHU de Caen sont en grève depuis plusieurs semaines pour protester contre un manque d'effectifs et des agressions de soignants aux urgences.

Le personnel soignant du CHU de Caen est à bout de souffle. Pour protester contre un manque d'effectifs et des agressions aux urgences, plusieurs services du centre hospitalier sont en grève. Les urgences le sont depuis le 10 juin dernier et les autres services depuis plusieurs semaines.

Des arrêts de travail permanents

Invité sur RMC, Sébastien Lamy, délégué Unsa, explique que cette montée de violence s'exerce "depuis trois, quatre ans". Sarah, infirmière aux urgences, raconte avoir "pris un coup de genoux dans le ventre il n'y a pas longtemps" et s'être fait cracher dessus. Elle confie aussi être parfois en pleurs en rentrant chez elle ou avant même d'aller travailler, encore aujourd'hui. Tony, brancardier depuis trois ans, ne se sent pas lui non plus en sécurité: "Sur des gens, on retrouve des couteaux, des poignards. Il n'y a pas si longtemps, un mec est arrivé pour se faire soigner, il est arrivé avec un pistolet à l'accueil et il l'a posé sur le comptoir", confie-t-il.

Et le bilan est alarmant: deux brancardiers blessés, une tentative de strangulation sur une aide-soignante, un coup de poing sur un médecin, des crachats sur les infirmières et des insultes quotidiennes. Conséquences, entre six et dix salariés sont en arrêt de travail permanent.

Les syndicats demandent des mesures

Autre problème qui majore cette violence, celui des travaux de restructuration du CHU, actuellement en cours. "Vous ne pouvez plus faire venir les familles pour voir les patients". Les services étant surchargés, le personnel soignant n'a plus le temps de se "déplacer pour donner des nouvelles", explique Sébastien Lamy.

Les syndicats ont demandé un agent de sécurité 24h/24 et sept jours sur sept ainsi qu'un renfort paramédical pour faire le relais entre les familles et les patients. Pour l'heure, le fonctionnement de l'hôpital n'est pas perturbé par ces mouvements sociaux car les personnels hospitaliers en grève sont assignés, selon le syndicat Sud.

A.C. avec Anaïs Bouitcha