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"Ils ne veulent pas travailler le week-end ou le soir": les restaurateurs cherchent 200.000 employés

"Restaurateur cherche cuisinier ou serveur". Le secteur de l'hôtellerie-restauration est toujours à la recherche de 200.000 employés. Le chef Thierry Marx, président de l'Umih, le principal syndicat du secteur, veut s'attaquer aux horaires difficiles du métier, après avoir milité pour une hausse des salaires.

Le secteur de l'hôtellerie-restauration est toujours en manque de main-d’œuvre. Thierry Marx, président du syndicat patronal de l’hôtellerie-restauration, l'Umih, s’inquiète d’un "manque sérieux de personnel" dans la branche. Selon lui, il manque actuellement 200.000 postes dans les établissements français, malgré les efforts consentis par les professionnels du secteur sur les salaires.

Des efforts que John, chef de cuisine dans la région de Grenoble, ne voit pas: "On me propose des salaires à moins de 2.000 euros bruts par mois, donc je ne trouve pas", déplore-t-il ce mercredi sur le plateau des "Grandes Gueules". "Je pense que l'expérience mérite salaire, et ce n'est pas en régularisant des étrangers avec une expérience moindre ou peut-être égale qu'on y arrivera", croit-il savoir.

La planification des horaires dans le viseur de Thierry Marx

Il l'assure, les salaires n'ont pas été revalorisés: "Thierry Marx, il est à Paris, il est dans son microcosme, il pense qu'il dirige toute la restauration mais ce n'est pas le cas de la restauration globale française", assure John sur RMC et RMC Story qui estime qu'un salaire acceptable pour un poste comme le sien correspond à 4.000 euros bruts.

"À Grenoble après 20 ans d'expérience, j'attendais au moins 3.000 euros bruts et on me propose 1.800 euros bruts avec une coupure", explique le chef cuisinier qui assure gagner 1.800 euros nets au chômage.

Thierry Marx est pourtant bien au fait de ces contraintes. Le chef estime qu'il faut désormais agir sur la planification des horaires de travail dans un secteur où les coupures et les rythmes décalés sont légion: "Cela s’entend qu’on ait envie d’avoir une ou deux soirées par semaine, ou de pouvoir emmener ses enfants à l’école", assure le chef sur RTL.

"Je cherche un second à 2.500 euros nets, je ne trouve pas"

Car depuis le Covid-19, le secteur est confronté à une crise de la vocation et le rythme effréné rebute même avec de bons salaires: "Mon chef de cuisine, à 42h par semaine, il touche 3.000 euros nets et là, je cherche un second à 2.500 euros nets, je ne trouve pas", déplore Michel, restaurateur en Haute-Savoie et membre du GNI, le groupement national indépendant.

"Je voulais recruter une serveuse aux 39 heures à 2.000 euros nets en lui payant 400 euros de logement en plus, elle n'a pas voulu, elle m'a dit qu'elle préférait être au chômage et faire des extras", ajoute-t-il.

"Ils ne veulent pas travailler le week-end ou le soir", déplore Michel qui précise être fermé le dimanche et avoir un établissement ne faisant que 80 couverts par jour.

Les problèmes de recrutement ne sont pas le seul souci de l'hôtellerie-restauration. Le secteur comme beaucoup d'autres, voit ses coûts augmenter. Thierry Marx, dénonce un "effet ciseaux avec l’augmentation du coût des matières premières". Le prix du beurre, des œufs ou de la farine ont par exemple explosé. Quant aux dépenses énergétiques, elles écrasent les petits commerçants. D’après lui, le gouvernement doit "décorréler le prix de l’électricité et le prix du gaz".

G.D.