RMC

"J'ai déjà dû licencier, on va crever": un boulanger en détresse face à la hausse des prix

Grandement impactés par la hausse des prix de l'énergie et des matières premières, les artisans boulangers sont obligés d'augmenter leurs prix s'ils veulent survivre. Les clients semblent prêts à les soutenir, mais jusqu'à quand?

La facture d’électricité qui flambe et le prix des matières premières qui double vont forcer les boulangers à augmenter les prix des baguettes. La Confédération nationale de la boulangerie appelle ce jeudi sur RMC ses administrés à le faire, en appliquant une hausse de 3 à 5% sur leurs baguettes afin de résister à la crise.

Elle estime que les clients comprendront cette hausse, nécessaire en 2023. "Je suis pour les aider et je serai solidaire même si tout le monde ne peut pas l'être", promet en tout cas ce jeudi sur RMC et RMC Story l'avocate Sarah Saldmann. "J'invite tout le monde à être solidaire mais ce n'est pas une mesure viable à long terme", craint-elle. "Il est plus agréable de payer des impôts en consommant qu'en travaillant", juge de son côté Mourad Boudjellal.

"Je suis prêt à sacrifier tous mes abonnements Netflix ou autres, pour manger une bonne baguette et sauver nos artisans", renchérit Simon sur le plateau d'Estelle Midi. "C'est un réflexe naturel, il y a des priorités et l'artisanat en France en fait partie, que ce soit les bouchers ou les boulangers. Il faut choisir ses combats", ajoute-t-il.

"Nos fournisseurs nous annoncent déjà des augmentations pour janvier"

La solidarité des clients, Thierry, boulanger dans les Hauts-de-Seine, y croit: "Les clients sont solidaires, ils comprennent, mais jusqu’à quel montant? Moi j’ai déjà augmenté ma baguette de 20 centimes en six mois, la tradition est donc à 1,30 euro. Et je vais sûrement devoir encore augmenter", craint-il dans "Les Grandes Gueules".

"On va crever, on a 500% d’augmentation de notre facture et 30% d’aides. J’ai augmenté tous mes produits mais ça ne suffira pas. Nos fournisseurs nous annoncent déjà des augmentations pour janvier sur les matières premières. On a un syndicat qui ne bouge pas. Il y a une manifestation organisée le 23 et je vais y aller même si je dois fermer", promet Thierry.

"J'ai 55 ans, je travaille du matin au soir, j’en ai ras-le-bol"

"J’ai déjà licencié quelqu’un parce qu’il faut que je trouve de l’argent. Moi j’ai 55 ans, je travaille du matin au soir, j’en ais ras le bol. Et j’entends les contrôleurs de la SNCF qui se plaignent, mais merde!", peste le boulanger, à bout. Et s’il est contraint de fermer, il assure qu’il n’aura le droit qu’au RSA après avoir commencé à 15 ans en province et s’être installé à son compte à 20 ans.

En visite dans une boulangerie de Paris ce jeudi, Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, a tenu à assurer les artisans de leur soutien, et a vanté le bouclier tarifaire et le guichet mis en place pour alléger la facture. Mais selon la Confédération nationale de la boulangerie, 80% d’entre elles ne bénéficient pas de ce bouclier tarifaire.

G.D.