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"Des restaurants craignent de devoir fermer": l'appel de Thierry Marx aux fournisseurs d'énergie

Le chef étoilé Thierry Marx, nouveau président de l'Umih, appelle les fournisseurs d'énergie à faire un geste aux professionnels de l'hôtellerie et la restauration, étouffés par des factures qui explosent en même temps que le prix des matières premières.

Presque à bout, Thierry Marx lance un appel au nom de sa profession. Le nouveau président de l'Umih (Union des métiers de l'hôtellerie-restauration) demande aux fournisseurs d'énergie "de prendre leur part d'efforts" alors que de nombreux établissements font face à une forte hausse de leurs factures de gaz et d'électricité. "La pression est excessive, on voit des factures multipliées par huit. C’est insupportable", déplore dans 'Apolline Matin', ce jeudi sur RMC et RMC Story, le chef étoilé, qui évoque aussi l'arrivée des premiers remboursements des PGE, les prêts garantis par l'Etat, tandis que le prix des matières premières augmentent aussi.

"Certains voient leur facture passer de 40.000 à 100.000 euros, ça devient complètement fou, ils craignent de devoir fermer", assure Thierry Marx qui explique que son appel n'a pas encore été entendu. Pour l'instant, le chef tente de faire remonter, département par département, les problèmes rencontrés "pour être force de proposition auprès du régalien et essayer d'être mieux entendu et mieux compris".

"On a des hôteliers-restaurateurs qui nous disent qu’ils ne pourront pas assurer le remboursement de ce qu’ils doivent. C’est encore pire pour les nouveaux chefs d’entreprise, en phase de renégociation de leurs contrats d’énergie. D’autres nous disent: 'Nous ne passerons pas l’hiver'", alerte Thierry Marx.

Le ticket-restaurant, "pas un chèque d'aide alimentaire"

Et alors que la saison d'hiver arrive, un autre problème refait surface: la pénurie de main d'œuvre. Comme cet été, il manque encore de nombreux travailleurs saisonniers. "La saison arrive et nous avons besoin de saisonniers. Il faut continuer la formation professionnelle très accélérée pour former des personnes et les mettre à disposition de l'hôtellerie et de la restauration ainsi que du tourisme", explique le chef étoilé.

Il demande également l'exclusivité du ticket-restaurant pour les restaurateurs, regrettant que celui-ci permette aux salariés de faire des courses alimentaires. "Ce n’est pas un chèque d’aide d’achat alimentaire. Il faut respecter les engagements et faire en sorte qu’il aille à destination des restaurateurs qui se sentent floués par ce ticket qui ne leur revient pas", souligne Thierry Marx.

Augmenté à 38 euros en juin 2020 après la première vague de Covid-19, le plafond du ticket restaurant est descendu à 25 euros en juin dernier. Cette mesure avait permis de relancer la consommation dans les restaurants, fermés de longs mois pendant la pandémie.

Guillaume Dussourt