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Jours fériés: y a-t-il trop de "ponts" au mois de mai?

Avec deux jours fériés cette semaine, le 8 mai et le jeudi de l'Ascension, et 3 au total ce mois-ci, de nombreuses entreprises tournent au ralenti.

La semaine qui s’ouvre est qualifiée de "gruyère" par les uns, "magique" par les autres… Deux jours fériés et autant de possibilités de faire le pont. Les entreprises sont nombreuses à prévoir de tourner au ralenti. Certaines seront même carrément fermées.

C’est le cas pour celle d'Aymeric, responsable commercial dans l’industrie. Il travaille ce lundi, mais le reste de la semaine, son entreprise est fermée. Il a donc posé deux jours de congés "forcés". Mais ça n’est pas pour lui déplaire.

"On peut dire qu'on est chanceux"

"Il y a un petit air de vacances, quand on en prend pas forcément l'été... Quand on a autant de jours fériés dans la semaine on peut dire qu'on est chanceux. Dans l'industrie, la plupart des clients ont dit: 'Autant fermer'. Le reste des clients ne travaille du coup on s'adapte et on travaille pas le reste de la semaine, autant en profiter !"

En s’organisant bien cette année, il suffit de poser 3 jours pour avoir 9 jours de congés consécutifs.

Le mois de mai 2018 ne compte que 19 jours travaillés. La dernière fois que c’était arrivé, c’était en 2015. Avec de véritables conséquences sur l’économie. Le chiffre d’affaires dans certains secteurs, comme le transport, avait chuté de 10% sur le mois de mai 2015. Au niveau national, selon les années, les ponts coûtent entre 0,1 et 0,2 points de PIB, soit 2 à 4 milliards d’euro. Un effet qui est accentué par un autre phénomène explique Jean-François Sciberras, DRH pour le groupe de chimie Solvay.

36 jours chômés par an, contre seulement 29 en Allemagne

"En France il y a beaucoup d'entreprises où le solde des congès doit être pris avant le 31 mai. Ca donne une pression à solder les jours de congès, y compris sur l'entreprise. l'activité est forcément perturbée. S'il y a 3/4 des gens qui sont absents, ça ne sert pas à grand chose. Donc il y a des entreprises qui choisissent de positionner un congés 'obligatoire', un RTT 'obligatoire' sur un pont. C'est pas mal la solution qui est retenue pour le pont de l'Ascension."

Certes, d’autres secteurs de l’économie profitent de ces ponts : l’hôtellerie, le tourisme. Mais si l’on regarde l’effet de ces jours chômés sur l’année, la France y perd comparé à ses voisins. Avec 11 jours fériés, la France n’est pas la plus généreuse de l’Union européenne. En Espagne, c’est 14, au Portugal, 13. Mais si l’on ajoute à cela les congés payés et les RTT, nous dépassons allègrement la moyenne européenne. Avec 36 jours chômés par an. Contre seulement 29 en Allemagne.

Matthieu Rouault (avec J.A.)