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Le Medef veut supprimer des jours fériés: "Le Portugal l'a fait avant de faire machine arrière"

Pour le Medef, il y a trop de jours fériés en France. En sacrifier deux permettrait de gagner un point de PIB et de créer des emplois, assure l'organisation patronale.

C’est une réflexion qui ne va pas améliorer la cote de popularité du Medef. L’organisation patronale propose de supprimer deux jours fériés par an, estimant que cela permettrait de gagner un point de PIB et de créer 100.000 emplois. Mais ce n’est pas tout. Le Medef est également en guerre contre les jours fériés en pleine semaine.

Car ces derniers désorganiseraient toute la semaine de travail, alors que les salariés auraient l’outrecuidance d’accoler des congés à ces jours pour s’octroyer un week-end prolongé. Le Medef entend ainsi s’inspirer du modèle anglais, où les jours fériés sont rapprochés aux week-ends.

"C’est n’importe quoi", juge ce vendredi sur le plateau d’Estelle Midi Emma Dancourt, qui rappelle que la France compte 11 jours fériés, soit tout juste la moyenne européenne. A titre de comparaison, à Chypre, en Espagne ou encore en Slovaquie, il y a 14 jours fériés par an.

"Ces jours fériés sont aussi l’histoire d’une culture"

"Je trouve qu’il n’y a pas assez de jours fériés", estime d’ailleurs Emma Dancourt, qui ne voit pas l’intérêt économique en citant l’exemple portugais: "Le Medef pense que ça va nous ramener un point de PIB sauf que le Portugal a fait l’exercice en supprimant 4 jours fériés en 2013. Ils ont fait machine arrière en 2016 parce que cela n’a absolument pas bougé ou quasiment pas".

"Nous avons un déficit de la sécurité sociale de 33 milliards pour 2022, un déficit de l'Unedic de 17 milliards et un déficit public de 2.834 milliards. Si l'on veut maintenir notre protection sociale, qui est unique au monde, il faut résorber ces déficits", assure Thibault Lanxade, ancien vice-président du Medef en charge des TPE et PME, sur RMC.

Thibault Lanxade estime que "si on veut maintenir notre protection sociale, soit vous augmentez les cotisations, soit il faut travailler un peu plus. Cela s'appelle la solidarité."

En 2003, la suppression du lundi de Pentecôte en solidarité avec les plus âgés, après l'épisode de canicule avait été un échec.

"Ces jours fériés sont aussi l’histoire d’une culture, même les jours fériés religieux appartiennent à notre histoire", rappelle quand même au passage Emma Dancourt, précisant que de toute façon, les Français travaillent suffisamment.

G.D.