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Loi Travail: après l'hospitalisation de Myriam El Khomri, les langues se délient

Myriam El Khomri a été hospitalisée ce mardi

Myriam El Khomri a été hospitalisée ce mardi - AFP

REACTIONS - Le petit séjour, ce mardi, de la ministre à l'hôpital a libéré la parole de certains qui disent désormais tout haut ce qu'ils pensaient tout bas : leur doute sur la capacité de Myriam El Khomri à assumer la loi sur le travail.

Actuellement en pleine zone de turbulences, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a été conduite mardi matin à l'hôpital pour des examens, après un "petit malaise" selon son cabinet, "un accident domestique" selon François Hollande. Si elle est sortie de l'hôpital en début de soirée, ce malaise survient alors que la ministre assure le difficile service après-vente de son projet de réforme du droit du travail. Face au déluge des critiques contre un texte jugé trop favorable aux employeurs, le gouvernement a décidé lundi de reporter du 9 au 24 mars son adoption en conseil des ministres.

Un court séjour à l'hôpital qui a libéré la parole de certains qui disent désormais tout haut ce qu'ils pensaient tout bas: leur doute sur la capacité de Myriam El Khomri à assumer la loi sur le travail. Ainsi, si tous les députés ont souhaité "un prompt rétablissement" à une ministre "courageuse", "qui veut réformer la France", ils sont nombreux, notamment chez les socialistes, à douter de sa capacité à défendre son texte.

"C'est du machisme"

A-t-elle les épaules, les nerfs assez solides? Le député du Cher, Yann Galut, en doute: "Était-elle assez taillée pour affronter un tel texte? Elle n'a jamais été parlementaire, ni confrontée à des textes à l'Assemblée nationale…". "Incompétente", "ministre fantôme", "fusible" uniquement là pour prendre les coups à la place de Manuel Valls... Les commentaires sont tout aussi sévères à droite. Alors la riposte vient des femmes. Catherine Lemorthon, présidente socialiste de la commission des Affaires sociales, estime que toutes ces critiques ne sont que de la misogynie.

"Ce serait un homme à sa place, qui serait un nul fini, pas un seul n'aurait osé poser la question, s'emporte-t-elle. C'est une fille qui a bossé et lui faire un procès en incompétence est proprement scandaleux. La vérité c'est que ce n'est rien d'autre que du machisme". Quel que soit leur jugement sur Myriam El Kohmri, la plupart des députés socialistes reconnaissent toutefois que sur la loi travail c'est bien Manuel Valls, et lui seul, qui décide.

M.R avec Annabel Roger