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Loi Travail, les permanences PS devenues des cibles: "il y a une gradation dans la violence"

En mai, les locaux du PS au Havre ont été mis à sac comme de nombreuses autres permanences du parti.

En mai, les locaux du PS au Havre ont été mis à sac comme de nombreuses autres permanences du parti. - Vanessa Leroy

La colère contre la loi Travail et le gouvernement se retourne contre les sections du PS. Le parti a recensé des dégradations sur 120 de ses bâtiments depuis le mois d'avril comme c'est le cas de la section du 11e arrondissement de Paris, vandalisée dans la nuit de dimanche à lundi.

En mois de deux mois, c'est la troisième fois que le bâtiment de la section du 11e arrondissement du Parti socialiste est dégradé. Serrures cassées, vitres brisées, peinture noire, le bâtiment a été vandalisé dimanche à lundi. Des tracts contre la loi Travail sont collés à côté de symboles anarchistes et de tags insultants. "Social traître, c'est les rengaines régulières des gauchistes", constate Alain Cédelle, salarié de la fédération PS de Paris qui craint de nouveaux débordements ce jeudi après-midi, en marge de la manifestation.

"Tous les riverains qui sont sur les parcours des manifestations tremblent à chaque fois en ce moment. On n'a quasiment jamais atteint des manifestations qui produisaient de telles dégradations systématiques", estime-t-il. 

"On a des valeurs, on les porte"

Les locaux du PS sont devenus l'une des cibles privilégiées des casseurs depuis le début de la mobilisation contre la loi Travail. Un peu partout en France, du Havre à Toulouse, le PS a enregistré 120 bâtiments dégradés depuis avril. Des dégradations parfois violentes, comme à Grenoble où une douzaine d'impacts de balles ont été comptabilisés sur le siège de la fédération PS de l'Isère au mois de mai. Alexander Glogowski, salarié et militant socialiste dans le 11e arrondissement se demande jusqu'où cela peut encore aller. 

"Il y a une gradation dans la violence. Quand il y a des coups de feu sur la fédération de l'Isère, nous Français devrions nous inquiéter de la détérioration du climat politique qui amène à ce genre de choses", estime-t-il.

Mais malgré les pressions, il n'est pas question pour lui de se désolidariser ni du gouvernement ni du parti. "Je suis un salarié, un militant et quoi je rangerais mon drapeau? Non. Si on me demande si je suis du PS, oui je suis du PS, on a des valeurs, on les porte", soutient ce militant. Mais dans le quartier le voisinage de la fédération PS ne veut plus faire les frais des casseurs. Une société envisage déjà de déménager.

Carole Blanchard avec Marion Dubreuil