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Lycées fermés préventivement: "Il y a des formes extrêmes de violences", justifie le patron des proviseurs

Après les violences de la semaine dernière et alors qu'une nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail est prévue ce jeudi, plus du tiers des lycées généraux et technologique sont fermés à Paris. Une décision "historique" de la part des proviseurs d'établissements comme l'explique sur RMC Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN.

Une cinquantaine de lycées de la région parisienne étaient bloqués jeudi par des jeunes opposés à la loi Travail, tandis qu'une grosse vingtaine étaient fermés par décision administrative, selon les estimations du syndicat général des lycéens (SGL). En effet, alors que la mobilisation risque d'être importante et alors que de nombreux débordements ont eu lieu la semaine dernière, de nombreux proviseurs ont décidé de fermer préventivement leurs établissements ce jeudi.

"C'est historique, cela n'était jamais arrivé auparavant, souligne, sur RMC, Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, le syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale. Cette décision a été prise suite aux violences tout à fait inhabituelles qui ont eu lieu les semaines précédentes. Mais c'est aussi pour pousser un cri d'alarme vis-à-vis de cette forme de dégradation du mouvement lycéen".

"Une espèce d'omerta autour des blocus"

"En effet, les blocus n'ont plus rien de bon enfant comme ils pouvaient l'être il y a dix ans, déplore celui: " qui est lui-même proviseur dans un lycée de Paris. Aujourd'hui, ce sont des scènes de violences extrêmes puisqu'il y a eu quand même deux blessés. Surtout deux personnes ont failli mourir dans un lycée où des bloqueurs ont lancé un conteneur contre le personnel qui essayait de faire entrer des élèves qui voulaient aller en cours".

"Il y a des formes extrêmes de violences dont on ne veut pas parler. Il y a une espèce d'omerta autour de ces blocus, de ces groupes de jeunes de 15-17 ans, totalement désinhibés, qui attaquent les établissements, poursuit Philippe Tournier. On pousse donc un véritable cri d'alarme car face à cela on se sent complètement désemparés". Et de préciser: "Ce ne sont pas les manifestations qui sont en cause mais il y a des groupes de jeunes qui décident de bloquer les lycées. C'est devenu une sorte de tradition car presque tous les ans il y a un prétexte pour le faire".

"Ce n'est pas un fonctionnement normal"

"On peut constater que l'on assiste à une montée régulière de la violence, regrette le secrétaire général du SNPDEN. Tous les jeudis, on constate des dégradations (vitres brisées, portes cassées...) dans les lycées parisiens et comme il était hautement prévisible qu'il en soit ainsi ce jeudi, d'ailleurs ce n'était pas caché par ceux qui font ça d'habitude, un certain nombre d'établissements ont décidé de ne pas prendre de risques inutiles et de fermer".

"Les conditions de sécurité ne sont plus réunies dans un certain nombre d'établissement, assure ce proviseur. On réclame donc que quelque chose soit fait même si l'on sait que ce n'est pas simple. Mais ramasser des poubelles et des barrières sur la tête pendant que des élèves voulant aller en cours sont exposés à des menaces, y compris physiques, ce n'est pas un fonctionnement normal. Il n'y a que dans notre pays que l'on voit des choses pareilles".