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Malaise des policiers municipaux de Nice: "Les agents qui osent dire leur mal-être sont menacés"

Les policiers municipaux de Nice ont déposé un préavis de grève pour la période du 23 au 27 janvier, une première. Au-delà du traumatisme toujours présent de l'attentat du 14 juillet, les policiers municipaux dénoncent des conditions de travail dégradées. L'un d'entre eux a accepté de témoigner sur RMC, malgré les menaces.

Six mois après l'attentat de Nice, la police municipale de la ville est sous tension. Un préavis de grève vient d'être déposé pour la période du 23 au 27 janvier. Une première dans l'histoire de la police municipale niçoise. Ils dénoncent la réorganisation de leurs grilles horaires et rythme de travail, qui doit être voté mardi 17 janvier en comité technique. Depuis les évènements du 14 juillet (86 morts), les agents sont extrêmement sollicités. Aux premières loges sur la Promenade des Anglais, ils souffrent de traumatismes psychologiques. Vient s'ajouter à cela les sanctions qui vient de frapper 16 policiers qui avaient manifesté, sans autorisation, contre la réforme de leur emploi le 30 août dernier.

RMC a recueilli le témoignage, sous couvert d'anonymat, de Steeve, policier municipal à Nice qui a décidé de briser le silence et de dénoncer les conditions de travail dégradées par le stress et la peur. "Il y a un gros ras-le-bol. Aujourd'hui on n'a aucune considération. On a une politique du chiffre qui ne ressemble pas du tout à la réalité". En témoignant, même anonymement, Steeve le sait: "Je prends des risques, j'en suis conscient. A la police municipale, les agents qui osent dire leur mal-être sont menacés, insultés et subissent des pressions sans cesse".

"Politique du chiffre"

Dans ces conditions, difficile d'accepter une réorganisation de leur travail qui va les obliger à travailler un week-end sur deux, contre un week-end sur trois aujourd'hui. "Les agents ont le sentiment qu'on leur en demande toujours plus et n'ont plus aujourd'hui la ressource nécessaire pour faire des efforts supplémentaires", assure Elodie Roux, secrétaire générale du syndicat Force ouvrière des agents territoriaux.

La police municipale niçoise est la première de France en terme d'effectifs. 228 Policiers municipaux sur un effectif de 420 seraient impactés par la réforme. De son côté la direction de la Police Municipale de Nice se dit ouverte au dialogue et propose une revalorisation des salaires pour accompagner sa réforme.

P. G avec Elodie Message et Benoît Ruiz