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Mobilisation nationale contre la loi Travail: "On fait ça pour nous et pour nos enfants"

TEMOIGNAGES - Les opposants au projet de loi travail vont converger mardi vers Paris, en plein Euro, pour une journée de "mobilisation nationale". Au cœur de cette manifestation, certains militants sont présents depuis le début. En trois mois, ils ont participé à tous les rassemblements. RMC les a rencontrés.

Ils espèrent une démonstration de force jamais vue en trois mois. Pour la première fois depuis le 9 mars, début de la contestation contre le projet de loi Travail, et après huit journées de manifestations non consécutives à travers la France, les opposants vont converger ce mardi vers Paris pour une journée de "mobilisation nationale". En plein Euro, ils n'entendent pas rendre les armes, ni changer leur mot d'ordre: le retrait d'un texte jugé trop favorable aux entreprises et facteur de "régression sociale" pour les salariés.

"Enervant de voir que le gouvernement ne nous écoute pas"

Selon la CGT plus de 600 cars ont été affrétés dans toute la France pour que les contestataires puissent rejoindre le cortège dans la capitale. Et la Loire-Atlantique sera particulièrement bien représentée dans le cortège. En effet, près de 2.000 personnes ont prévu de rejoindre la capitale. Manifester: depuis trois mois, c'est le quotidien de Christopher. Magasinier pour l'entreprise Typiak, il n'a pas hésité une seconde à réserver une place de bus pour venir à Paris.

"C'est à Paris que ça se passe. C'est là qu'est le gouvernement, qu'il exerce. On n'est pas fatigués, on est prêts à tenir", affirme-t-il sur RMC avant de reconnaître: "C'est vrai que c'est énervant de voir que le gouvernement ne nous écoute pas". Si la motivation est intacte, l'engagement de ce père de quatre enfants entraîne forcément des sacrifices.

"J'espère qu'on sera un million"

"Il faut que la famille comprenne derrière. Ça leur arrive d'avoir un peu peur parce que quand elle voit que dans le même mois je vais manifester quatre fois, cela fait donc beaucoup de salaire en moins. Mais, on ne peut pas laisser passer ça (la loi Travail, ndlr), explique-t-il. On fait ça pour nous, maintenant, et pour nos enfants, dans le futur". C'est justement pour défendre son avenir qu'Emilie, étudiante en première année de lettres à l'université de Nantes, s'est engagée.

Des études qu'elle n'a pas hésité à mettre entre parenthèses: "Je pense que je vais aller au rattrapage au second semestre. Mais bon, je me suis mobilisée pendant trois mois pour une bonne cause, pour mon avenir. Et trois mois pour mon avenir, ce n'est rien". Et d'estimer: "C'est une des dernières lignes droites, il ne faut pas se leurrer. J'espère donc qu'on sera un million, voire plus. C'est à ce moment-là qu'on va vraiment pouvoir voir si le gouvernement est prêt à retirer le texte ou pas". Emilie a d'ailleurs déjà coché les 23 et 28 juin sur son calendrier, dates des deux prochaines journées d'action.

M.R avec Adrien Godet