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Moi, Alice, 24 ans, casseur: "Cela fait partie de l'expression d'un rapport de force"

TEMOIGNAGE - Alors que 18 personnes ont été interpellées en France dimanche en marge des défilés de la fête du travail, RMC a recueilli le témoignage d'Alice, 24 ans, étudiante, qui se revendique anarchiste de l’ultra gauche. Elle fait partie de ceux qui ont jeté des pavés ce dimanche place de la Nation, à Paris. Et, pour elle, c'est justifié.

Le 1er mai, placé sous le signe de la lutte contre le projet de loi Travail, examiné à l'Assemblée nationale demain, a rassemblé dimanche 84.000 personnes en France. A Paris, entre 16.000 et 70.000 personnes ont défilé et 10 personnes ont été interpellées dont 9 pour de jets de projectiles sur les forces de l'ordre. On compte deux blessés légers (un manifestant et un CRS). Depuis la place de la Nation, certains "casseurs" sont ensuite allés vers la place de la République, où se tenait comme depuis un mois un rassemblement du mouvement "Nuit debout". Peu avant 22H00, la police a fait usage de gaz lacrymogènes face à un groupe visiblement agité.

"L'expression d'un rapport de force"

Parmi les casseurs, Alice, 24 ans, étudiante, revendiquée anarchiste de l’ultra gauche. Elle a fait partie de ceux qui ont jeté des pavés hier place de la Nation, à Paris. Et pour elle, c'est justifié. C’est la police qui a frappé la première. "Personne n'a que ça à foutre de venir casser pour casser ou alors dans ce cas-là ils le font ailleurs", assure-t-elle sur RMC avant d'ajouter: "Déjà, on renvoie les gaz car tout simplement s'ils restent à nos pieds on est défoncés (sic)". Si elle ne nie pas "la violence contre la police", elle la justifie:

"Cela fait partie de l'expression d'un rapport de force et d'une grande colère contre la violence policière". "On défend le droit de manifester, d'occuper la place publique, de faire passer nos idées, poursuit Alice. Les textes, les pétitions et autres, cela va bien deux minutes mais il faut créer un rapport de force donc on essaye de montrer que celui-ci existe et qu'il est réel". A noter que suite à ces violences, l'habituel rassemblement du mouvement "Nuit debout" sur la place de la République à Paris a dû être interrompu.

M.R avec Arnaud Souque