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Négociation bloquée sur l'assurance-chômage: "Le patronat est accro à la précarité"

À l'issue d'une réunion longue et tendue, les syndicats ont donné jeudi soir une dernière chance au patronat pour proposer d'ici le 19 février un projet d'accord avec une disposition de type "bonus-malus" sur les contrats courts, faute de quoi ils ne viendront pas à l'ultime réunion prévue le 20.

La balle est dans le camp du patronat. Tout au long des 7 heures de discussions, parfois tendues, le patronat est resté arc-bouté sur ses positions: pas de "bonus-malus" pour limiter les contrats courts tant que la question du budget de l'assurance-chômage n'aura pas été abordée, 1 milliard d'euros d'économie à trouver par an.

Les syndicats ont donc fini par lancer cet ultimatum: la dernière réunion est fixée à mercredi prochain, si le patronat n'envoie pas la veille un projet d'accord contenant le "bonus-malus", ils n'iront pas négocier.

Les chefs d'entreprise dos au mur

"On a un patronat qui est complètement accro à la précarité, qui ne veut entendre parler d'aucun système de régulation, qui veut mettre éventuellement quelques pansements sur la précarité mais qui ne veut surtout pas la remettre en cause. Nous, on verra si d'un seul coup, par miracle, le Medef se mettait à changer complètement d'avis et se mettait à envisager un système de 'bonus-malus', on regardera ce qui se passe dans le texte", a déclaré Denis Gravouil, négociateur CGT.

Sans accord, à charge pour le gouvernement de mettre en musique un tel dispositif, comme Emmanuel Macron l'a promis. Les syndicats ont le sentiment d'avoir obtenu une "demi-victoire" en mettant les représentants des chefs d'entreprises dos au mur. Car dans cette partie de ping-pong marathon, chacun essaye de se renvoyer la balle pour faire porter à l'autre la responsabilité d'un échec probable des discussions.

Victor Joanin avec Paulina Benavente