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"Nous sommes déterminés à ne pas nous laisser faire": les professions libérales prêtes à faire grève contre la réforme des retraites

Les professions libérales craignent pour leur retraite et demandent au gouvernement de les laisser autogérer et autofinancer leur caisse sous peine de grève.

Le collectif "SOS Retraite", qui regroupe 16 organisations de professions libérales (médecins, infirmières, kinés, orthophonistes, pilotes de ligne, avocats, hôtesses et stewards), appelle à la grève contre la réforme des retraites à partir de ce vendredi. Ces professions qui disposent d'un régime autonome, ne veulent pas intégrer le régime universel qui devrait être mis en place si la reforme se fait. Ils estiment être "perdants" si ce nouveau système est mis en place.

Ils estiment être "perdants" si ce nouveau système est mis en place. C'est le cas de Peggy, 49 ans, qui officie dans le Val-de-Marne. Rendre visite à une quarantaine de patients par jour, répondre au téléphone, sans oublier de remplir la paperasse, elle travaille parfois jusqu'à 14 heures par jour: "Je monte et je descends une centaine de fois par jour de ma voiture et je monte une cinquantaine d’étages. Je porte plusieurs centaines de kilos par jour, c’est effectivement un métier extrêmement pénible", raconte-t-elle au micro de RMC.

"On demande à l’Etat de nous laisser autogérer et autofinancer notre propre régime de retraites"

Infirmière libérale depuis 15 ans, Peggy s'inquiète. Elle ne veut pas de la nouvelle réforme des retraites qui l'obligerait à cotiser deux fois plus qu'aujourd'hui pour toucher une pension moins élevée.

"Actuellement le niveau moyen de retraite d’une infirmière est entre 1400 et 1500 euros. Avec le régime universel on estime qu’elle serait plutôt entre 1000 et 1200 euros par mois. On demande à l’Etat de nous laisser tranquilles et de nous laisser continuer à autogérer et autofinancer notre propre régime de retraites", explique-t-elle.

Le collectif SOS Retraite appelle à une grève que Peggy a décidé de suivre: "Nous sommes déterminés à ne pas nous laisser faire. Nous fermons nos permanences de soin et nous refusons toutes les nouvelles prises en charge". Si elle n'est pas entendue par le gouvernement, Peggy pourrait arrêter de pratiquer le tiers payant, ce qui obligerait ses patients à avancer les frais pour leurs soins.

Caroline Philippe (avec Guillaume Dussourt)