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Pas de coup de pouce au Smic: "Il faudrait facile entre 200 et 300 euros de plus"

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- - Mychèle Daniau - AFP

Le gouvernement n'a pas accordé de coup de pouce au Smic, qui n'augmentera que de 0,6% à partir du 1er janvier. La preuve que le gouvernement n'entend pas la colère du peuple estime syndicats et smicards interrogés par RMC.

Six euros net. C'est ce que toucheront en plus chaque mois les salariés du Smic à partir du 1er janvier, après l'augmentation de 0,6% du salaire minimum décidée par le gouvernement, lundi. Le Smic passera de 9,61 à 9,67 euros bruts de l'heure, soit 1.467 euros bruts par mois. Le gouvernement suit l'indexation légale du Smic, sans plus. "Dans le contexte actuel, nous considérons qu'un 'coup de pouce' n'est pas la meilleure solution pour augmenter le pouvoir d'achat compte tenu de ses effets sur le coût du travail et donc l'emploi", a justifié lundi la ministre du Travail Myriam El-Khomri.

"Tu fais quoi quand il te reste 200 euros pour finir le mois?"

Pas de coup de pouce, donc, mais un coup de poignard pour les travailleurs au salaire minimum, qui ont le sentiment que le gouvernement n'a pas entendu leur colère. C'est en tout cas ce que pense Amandine, second de cuisine dans un restaurant du centre-ville de Metz. "J'ai un loyer de 500 euros, j'ai les factures à côté… Tu fais quoi quand il te reste 200 euros pour finir le mois ? Tu ne fais plus rien, maintenant", se désespère-t-elle au micro d'RMC. "Les gens ils sont tous là à dire : 'FN, FN'. Mais c'est parce qu'il n'y a pas de changement. Que le gouvernement se réveille !" 

Dernier coup de pouce en juillet 2012

Le dernier coup de pouce de gouvernement remonte au 1er juillet 2012, quelques semaines après l'élection de François Hollande à la tête de l’État. Depuis, malgré l'avertissement des régionales, le gouvernement reste indifférent à la colère des travailleurs, dénonce André Michel, délégué syndical CGT à Metz. "Dans les exaspérations qui se sont exprimées dans les votes, il y a effectivement cette question-là. La France n'en peut plus de subir les bas salaires, la précarité. Il faut que les leçons soient tirés de ce scrutin, sinon on va à la catastrophe", prévient-il.

La catastrophe, elle la frôle chaque mois, Stéphanie. Maman depuis deux mois, cette trentenaire ne s’en sort pas avec un SMIC. Pour elle, il est urgent de l'augmenter significativement, car actuellement, "il ne reste rien à la fin du mois". "Il faudrait facile entre 200 et 300 euros de plus par mois pour s'en sortir. Pour vivre un minimum, quoi". La CGT a fait ses calculs, pour faire un "appel d'air salarial", il faudrait augmenter le SMIC à hauteur de 1.700 euros bruts par mois.

"Lamentable"

Mais il n'y a pas que les syndicats à regretté l'absence de coup de pouce. Invité ce mardi de RMC et BFMTV, le futur président de la région Auvergne-Rhônes-Alpes a qualifié de "lamentable" la non-revalorisation du Smic, estimant qu'il n'y avait pas assez de différences entre "ceux qui vont travailler et ceux qui cumulent les aides sociales".

Philippe Gril avec Antoine Perrin