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Photographe blessé par une grenade de désencerclement: "Des individus virulents jetaient des projectiles"

Un groupe d'agents appartenant à la compagnie départementale d'intervention mobilisée le 26 mai, pendant la manifestation contre la loi Travail

Un groupe d'agents appartenant à la compagnie départementale d'intervention mobilisée le 26 mai, pendant la manifestation contre la loi Travail - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

Le 26 mai, un photographe avait été blessé grièvement par une grenade de désencerclement. Le policier qui l'avait jetée sera entendu ce mardi par la police des polices. Philippe Lavenu, secrétaire national du syndicat Alliance livre la version qui défend avoir été avec ses collègues pris pour cible. Une version mise en doute par une vidéo montrant toute la scène et des témoins.

Romain D. est resté dans le coma plus de dix jours avant de se réveiller a annoncé sa famille lundi. Le 26 mai dernier, ce photographe de 28 ans est blessé à la tête après le jet d'une grenade de désencerclement par un policier lors d'une manifestation contre la loi Travail. Alors que le policier doit être entendu ce mardi par la police des polices, la question de l'utilisation de la grenade de désencerclement pose question. Sur plusieurs vidéos dont une diffusée lundi, on voit le policier lancer au sol la grenade puis quelques instants plus tard le photographe s'écrouler sur le sol.

Selon Philippe Lavenu, secrétaire national du syndicat Alliance, le policier mis en cause a écrit dans un rapport à sa hiérarchie avoir été la cible de jets de projectiles.

"Ce collègue est venu en renfort avec son équipe parce que quatre premiers collègues du premier équipage étaient assaillis par une centaine d'individus virulents qui leur jetaient des projectiles. Donc il a fait usage d'une grenade de désencerclement, l'usage est tout à fait réglementé", explique-t-il. 

"Pas de risque" pour les policiers

Sur les images, la version du policier est toutefois mise à mal. Au moment du lancer de la grenade, les policiers sont en mouvement avec autour d'eux une foule clairsemée. Pour Loïc, journaliste indépendant témoin de la scène, l'explication du policier ne tient pas.

"Je ne comprends pas pourquoi il a lancé cette grenade à ce moment-là puisque les gens n'étaient pas véhéments. A part ces quelques cris et ces quelques chants, quelques canettes de bière qui volent, mais il n'y avait pas de risque que les gens s'attaquent directement aux policiers", estime-t-il. 

D'après Philippe Lavenu, "un des collègues d'une première équipe a été atteint par un projectile au visage" avant que se produise cette scène. Il reconnaît que même dans des conditions d'utilisation contrôlées, "même si ce sont des armes non létales", "ça reste néanmoins des armes et quoi que ce soit comme arme, ça reste dangereux".

Carole Blanchard avec Marion Dubreuil