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Plus de 2 millions de Français pourraient voir leur emploi disparaître à l'avenir: quels sont les métiers concernés?

Les robots sont-ils en train de voler nos emplois? Plus de 2 millions de Français vont très probablement voir leur métier disparaître dans les prochaines années, selon une étude de l'institut Sapiens. La révolution numérique est-elle une chance ou une menace pour nos emplois?

Les robots sont-ils en train de voler nos emplois? Plus de 2 millions de Français vont très probablement voir leur métier disparaître dans les prochaines années, selon une étude de l'institut Sapiens.

Et cinq métiers sont plus particulièrement menacés par la technologie: les comptables, caissiers, employés de banque, secrétaires de direction ou manutentionnaires sont en voie de disparition...

Selon les experts de l'institut Sapiens, il n'y aura plus aucun employé de banque et d'assurance d'ici 2050. Leur nombre a déjà chuté de 40% ces 30 dernières années.

"Qui regrette de nos jours les porteurs d'eau qui existaient à Paris à la fin du 19ème siècle?" demande le professeur d'économie à l'université d'Aix-Marseille, Gilbert Cette, sur RMC.

"Ils étaient 20.000 et ont disparu avec l'apparition des canalisations, des réserves d'eau. Est-ce qu'on s'en plaint? Non. Est-ce qu'on se plaint de la disparition "Poinçonneur des Lilas"? Non. Et c'est une bonne chose parce que les métiers qui disparaissent sont souvent peu qualifiés. Ils peuvent être faits par les machines et la disparition de ces métiers s'accompagnent vers des métiers qui vont apparaître" estime-t-il.

D'un autre côté, certains métiers qui s'étaient raréfiés resurgissent ces dernières années, comme c'est le cas des coursiers ou des livreurs... L'institut a aussi pris en compte le coût de la main d'oeuvre : "Plus le coût est faible, moins l'intérêt de remplacer le travailleur par une machine est élevé."

65% des écoliers auront un métier... qui n'existe pas encore

De nouveaux métiers ont vu le jour comme les techniciens en énergie renouvelable ou les ingénieurs en intelligence artificielle. Une destruction créatrice, donc, qui n'est pas nouvelle, mais qui va de plus en plus vite. L'essentiel de suivre reste l'adaptation, notamment par la formation.

Pour cela, il faut encore que "les richesses créées par le progrès technique profite à tous", souligne l'économiste Benjamin Coriatte sur RMC. "Or, ce n'est plus le cas. Dans les périodes des 30 Glorieuses, on avait des ensembles d'accords qui faisaient que les gains de productivités étaient transférés dans les salaires presque directement dans les meilleurs scénarios. Il n'y a plus rien de tout cela. Aujourd'hui, les gains de productivité de la révolution numérique provoquent des inégalités de salaires de 1 à 100, de 1 à 1000. Dans ces conditions-là, on ne voit pas comment les gains de productivité vont se transformer en emplois".

Un chiffre d'ailleurs met en lumière la révolution numérique: selon le Département d'État américain du Travail, 65% des écoliers d'aujourd'hui auront plus tard un métier... qui n'existe pas encore.

Victor Joanin et X.A