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Pour contourner la grève, Colombes envoie ses agents municipaux ramasser les ordures

La grève des  poubelles commence à avoir des conséquences visibles dans les rues de Paris (illustration)

La grève des poubelles commence à avoir des conséquences visibles dans les rues de Paris (illustration) - AFP

REPORTAGE - A un jour de l'Euro, la grève des éboueurs s'étend en France et devrait encore prendre de l'ampleur. Face à ce mouvement, des communes ont décidé de contourner la grève des entreprises de ramassage de déchets en demandant à leurs propres agents municipaux de le faire. C'est le cas de la mairie de Colombes, dans les Hauts-de-Seine.

Un nouveau front s'ouvre pour la CGT afin de protester contre l'adoption de la loi Travail. Les éboueurs sont en grève et veulent se faire entendre. Après l'usine d'Ivry-sur-Seine, bloquée depuis le 30 mai, ce jeudi ce sont les sites de traitement des déchets d'Issy-les-Moulineaux et de Saint-Ouen qui se mettent en grève. Les trois principaux sites d'Ile-de-France sont donc bloqués. Et le mouvement prend de l'ampleur. Par exemple, l'incinérateur de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), qui traite tous les déchets de l'agglomération marseillaise, est également touché.

"Il faut bien que les rues soient propres"

Face à ce mouvement, des communes ont décidé de contourner la grève des entreprises de ramassage de déchets. Soit en ayant recours à d'autres entreprises de ramassage, soit en demandant à leurs propres agents municipaux de le faire. C'est le cas de la mairie de Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Ainsi, depuis deux jours, Patrick a changé de travail. S'il est toujours agent municipal, il n'enfile plus la même combinaison. "D'habitude, j'enlève les graffitis. Maintenant, je fais les poubelles", explique-t-il, en souriant.

Et Patrick est plutôt volontaire. Quand la mairie de Colombes lui a demandé de ramasser les poubelles à la place des prestataires en grève, il n'a pas rechigné. "Il faut bien que les rues soient propres, il faut bien faire quelque chose, justifie-t-il. Parce que si vous laissez les poubelles, les rats, les chats ou encore les chiens vont s'en occuper et ça sera sale. Il vaut donc mieux qu'on ramasse". "Et puis on n'a rien à voir avec leur grève, nous", ajoute-t-il.

"Eviter les risques sanitaires"

Depuis mardi, l'organisation des équipes municipales est donc quelque peu bousculée. Un moindre mal pour Jean-Pierre Renaudin, responsable du service propreté, qui a voulu agir rapidement: "Les ordures peuvent, non seulement, très vite s'amonceler, surtout sur l'habitat collectif, mais cela peut aussi être l'objet de nuisances importantes. Notamment en termes d'odeur et surtout avec les températures constatées ces derniers jours".

Cette décision de contourner la grève a été prise par Samuel Metias, l'adjoint à l'Environnement. Il assume: "On respecte leur droit de grève mais on ne peut pas laisser la ville dans cet état. La priorité est de garder la ville propre, surtout par ces températures, d'éviter tous les risques sanitaires possibles et donc de mettre les moyens pour collecter en priorité les flux d'ordures ménagères".

A Colombes, la situation est donc sous contrôle. Mais, elle n'est pas tenable très longtemps car lorsque les agents sont affectés au ramassage, ce sont autant d'autres travaux municipaux qui sont laissés en suspens.

M.R avec Marie Régnier