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Prime d'assiduité pour les agents des collectivités: "Il y a eu moins de personnes absentes"

L'association des DRH des grandes collectivités préconise dans une étude le retour du jour de carence afin de diminuer l'absentéisme ou encore de moduler les revenus des agents en fonction de leur taux de présence. Un dispositif déjà présent dans certaines collectivités, qui ont mis en place une prime d'assiduité.

En Moselle, les agents du département les moins absents sont récompensés. Une "prime d'assiduité" a été mise en place et peut grimper jusqu'à 200 euros de prime annuelle pour les agents malades moins de cinq jours par an, 100 euros entre 6 et 10 jours.

Les agents absents plus de 10 jours ne perçoivent pas cette prime. Depuis un peu plus d'un an, le dispositif mis en place pour un coût de 220.000 euros a démontré son efficacité selon le président du conseil départemental Patrick Weiten.

"On peut constater que les absences pour maladie au département représentent au moyenne 15 jours par an, alors que la moyenne nationale est de 30 jours. Il y a eu moins de personnes absentes et les personnes absentes l'ont été sur de plus courtes durées", explique-t-il sur RMC.

Un délai de carence pour éviter les absences fragmentées

Entre 2007 et 2017, l'absentéisme dans les collectivités territoriales a augmenté de 17% selon une étude Sofaxis, spécialisé dans la protection sociale des agents du secteur public local. Pour l'association des DRH des grandes collectivités qui publie une étude ce jeudi pour endiguer ce phénomène, la modulation des revenus des agents en fonction de leur assiduité peut être une solution.

L'association préconise surtout le retour du jour de carence supprimé en 2014, c'est-à-dire que les fonctionnaires ne soient indemnisés en cas de maladie qu'au bout du deuxième jour d'absence. Dans le secteur privé, le délai de carence est de trois jours. Une mesure qui permettrait de diminuer les absentes fragmentées et de courte durée. L'association des DRH des grandes collectivités propose aussi de renforcer les contre-visites médicales pour vérifier la véracité des arrêts maladie.

Au-delà de ces mesures, pour Sonia Pavic, DRH à la ville d'Aix-en-Provence, il faut surtout faire de la prévention. "Je crois beaucoup plus à l'amélioration des conditions de travail. Un agent quand il est motivé il bosse, il n'y a pas de problème", assure-t-elle. 

C. B avec Marie Dupin