RMC

Réforme des retraites: quelles zones d'ombre reste-t-il?

Beaucoup de zones d'ombre persistent autour de la réforme des retraites qui arrive ce vendredi au conseil des ministres. Le gouvernement compte se laisser de la marge pour prendre des mesures ultérieurement par ordonnances.

La réforme des retraites arrive ce vendredi au conseil des ministres. Une réforme de "progrès social" et "massivement distributive" défend Edouard Philippe dans les colonnes du quotidien La Croix. L'exécutif a précisé le calendrier de la suite des opérations: la conférence de financement va débuter le 30 janvier avec pour objectif de parvenir avant fin avril à trouver les moyens de garantir là l'équilibre du régime d'ici à 2027.

Le gouvernement a voulu se laisser de la marge avec ce projet de loi qui prévoit que beaucoup de mesures pourront se prendre ultérieurement par ordonnances, ce qui signifie encore beaucoup de zones d'ombre autour de cette réforme.

La question du financement, c'est la grande inconnue de cette réforme, puisque même si les partenaires sociaux trouvent une solution pour effacer le déficit d'ici 2027 et le passage au système universel, il faudra financer les nouveautés, à commencer par la pénibilité.

Un âge d'équilibre à 65 ans pour la génération 1975?

Le gouvernement serait favorable à dresser une liste de métiers pénibles qui permettraient au salarié de se reconvertir ou de prendre une retraite progressive. Combien seraient concernés? Pour quel coût?

Autre motif d'inquiétude: comment compenser la baisse drastique des cotisations pour les hauts salaires? L'Agirc Arco a fait le calcul: cela représente un manque à gagner de 3,7 milliards d'euros par an sur les 15 prochaines années.

Or, le gouvernement a fixé un principe: l'enveloppe dédiée au système de retraite ne grossira pas. Il faudra donc travailler plus longtemps: jusqu'à quand? Un âge d'équilibre à 65 ans pour la génération 1975, la première concernée par le système universel, est l'hypothèse la plus probable.

Victor Joanin (avec J.A.)