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Si Fillon reste, "notre parti implosera et on aura raté l’alternance", affirme Pierre Lellouche

Le député Les Républicains Pierre Lellouche était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC ce lundi matin. L’occasion pour lui d’appeler une nouvelle fois François Fillon à se retirer "pour sa famille politique et pour la France"

Malgré le rassemblement des soutiens de François Fillon place du Trocadéro dimanche, à Paris, beaucoup d’élus Les Républicains demandent encore son départ. Invité dans Bourdin Direct, Pierre Lellouche, député LR, cherche également à pousser le candidat vers un retrait.

"Quelle image donne-t-on à l’international du pays si on est sous le coup d’une inculpation? C’est le gaulliste qui vous parle. Je connais François Fillon depuis 30 ans et j’ai beaucoup de respect et d’amitié pour lui, la question n’est pas là. Il faut qu’il fasse son examen de conscience. En ce qui me concerne, en conscience, en gaulliste amoureux de mon pays, je ne peux pas imaginer une situation comme celle-là. Dans la mesure où le candidat est sous le coup d’une probable inculpation à deux jours de la clôture des inscriptions pour la campagne présidentielle, il n’y pas d’autre solution que de changer avec lui, de trouver une solution qui n’est pas contre lui".

"Impossible de faire campagne"

Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur la volonté farouche de François Fillon de rester candidat, Pierre Lellouche n’hésite pas à le comparer au capitaine d’un bateau allant droit vers un banc de sable. "S’il dit non, on sera dans la situation du Costa Concordia. Le capitaine aura emmené le vaisseau sur un banc de sable. Ce sera dommage. Dommage pour notre pays et notre parti qui implosera et on aura raté l’alternance. Je vois bien dans la rue qu’il est impossible de faire campagne, et pourtant je l’ai faite loyalement. C’est impossible de parler d’autre chose que les affaires, on ne peut parler de rien. On est en train de confisquer cette campagne et je lui demande, en tout amitié, de penser d’abord à la France et accessoirement à sa famille politique".

Pour le député LR la victoire est encore possible, à condition que François Fillon se retire. "Je pense que cette élection est encore gagnable, je pense que le pays a une réelle envie d’alternance", affirme le député LR. "Néanmoins, entre une manifestation au Trocadéro et les dix à douze millions de personnes qu’il faut pour aller au deuxième tour, il y a un gap. Ce gap, on le rencontre tous les jours sur le terrain".

Bourdin Direct avec A.B.