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Siège de la CFDT vandalisé: "On ne débat plus, on s'affronte. C'est absolument inadmissible"

Le siège de la CFDT à Paris a été saccagé ce jeudi soir

Le siège de la CFDT à Paris a été saccagé ce jeudi soir - AFP

REACTIONS - Une centaine de personnes parties en manifestation non autorisée dans le nord de Paris jeudi soir, après une nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail, ont dégradé la façade du siège du syndicat réformiste CFDT. Un acte unanimement condamné par les syndicalistes interrogés par RMC.

Le siège de la CFDT a été attaqué ce jeudi soir à Paris. Une centaine de personnes, parties en manifestation sauvage non autorisée après la manifestation officielle à Bastille, ont dégradé la façade du siège de la CFDT dans le quartier de Belleville. Plus précisément, peu après 21H00, quelque cent manifestants ont quitté le quartier de Ménilmontant pour rejoindre celui de Belleville, dans l'est parisien, brisant les vitres du siège de la CFDT, principal soutien à la loi El Khomri parmi les syndicats. En lettres rouges, ils ont inscrit sur la façade : "C'est fini de trahir".

"Un acte fasciste"

Un acte de vandalisme incompréhensible pour Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT. "On est choqués. On est des militants, on agit dans les entreprises, on est au côté des salariés. Il y a certes des divergences entre les différentes organisations syndicales mais les salariés nous font confiance. Donc agresser une organisation syndicale comme la nôtre, c'est agresser le monde du travail, estime-t-il sur RMC. On considère que l'on a le droit d'être en désaccord, cela fait partie du débat démocratique, mais que les violences sont évidemment inadmissibles".

Catégorique, il considère qu'il s'agit "d'un acte fasciste": "Si l'on accepte des gestes comme cela, on accepte une société de violences, d'agressions et où le débat n'a plus lieu d'être. On ne débat plus, on s'affronte. C'est absolument inadmissible". "S'attaquer à une organisation syndicale est particulièrement grave pour la démocratie", assure aussi Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe la CFDT. Et de rappeler que "les attaques contre la CFDT ne datent pas d'aujourd'hui. Depuis quelques semaines, un certain nombre de nos permanences ont été attaquées, envahies, tagguées. Ça a été le cas à Grenoble, à Toulouse, à Limoges… Cela doit cesser. C'est insupportable".

"Une nouvelle étape vient d'être franchie"

"On a le droit d'avoir des désaccords mais chacun doit respecter la liberté syndicale. Il faut que chacun prenne ses responsabilités et baisse un peu le ton, assène-t-elle encore. Il est inadmissible de se faire traiter de 'traîtres' ou de 'jaunes' comme on l'entend trop souvent actuellement car cela libère toutes sortes d'exactions violentes". Alors que Manuel Valls et Myriam El Khomri ont immédiatement condamné cette attaque, Razzy Hammadi, porte-parole du Parti socialiste, se dit, lui aussi, atterré par ces dégradations. Selon lui, il s'agit "d'un geste éminemment politique. Une nouvelle étape vient d'être franchie".

Et de s'interroger: "Quelle est l'étape d'après? On s'en prendra aux citoyens qui ne sont pas d'accord avec eux ? C'est inacceptable et je crois que la plus grande fermeté de la République doit s'exprimer rapidement". Enfin, pour Laurent Escure secrétaire général d'Unsa éducation, "on n'est pas dans l'expression d'opinion, on est dans de la casse et une forme de terreur qui ne visent pas, sans doute, les cibles les plus appropriées". Il se dit aussi "très inquiet parce que cela en dit long sur le climat de tensions actuel d'une partie de l'ultra gauche qui dépasse les bornes du respect démocratique et des valeurs de la République".

Maxime Ricard avec Marie Régnier