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Un salarié licencié pour avoir déménagé à 400 km: "L’employeur a joué sur la corde sensible"

Après avoir déménagé à 400 kilomètres de son travail, un homme a été licencié par son employeur. Mais l'avocat du salarié assure, dans "Les Grandes Gueules" ce mercredi sur RMC et RMC Story, qu'il n'avait pas à se rendre sur son lieu de travail tous les jours.

Parce qu’il vivait à plus de 400 kilomètres de son travail, un homme a été licencié. Embauché en 2015 comme directeur technique d’une entreprise dans les Yvelines, il avait déménagé en 2018 à 400 kilomètres de là, dans le Morbihan. L’année suivante, il avait été licencié par son employeur. La cour d’Appel de Versailles a confirmé son licenciement le 10 mars dernier.

Le salarié a pourtant assuré n’avoir jamais été en retard à son travail, malgré son installation en Bretagne, ajoutant que le déménagement n’avait pas allongé son temps de trajet. Il avait pourtant demandé sa mutation en Bretagne en raison de la fatigue générée par les trajets.

Des missions déjà éloignées des Yvelines

Il a bien tenté de saisir la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme protégeant "le libre choix du domicile", mais cela n’a pas suffi, la Cour d'appel de Versailles a estimé que le salarié est parti trop loin pour pouvoir effectuer "raisonnablement les missions imparties".

"C’est une confusion entre plusieurs notions. D’abord, il n’habitait pas à 400 km de son lieu de travail mais à 400 km de son lieu d’affectation. Si sa hiérarchie était dans les Yvelines, à Versailles, le lieu de travail de mon client, c’était ce qu’ils appelaient le 'cluster sud', c’est-à-dire, Nice, l’Espagne, l’Italie ou la Grèce. Et il passait moins de 20% de son temps à Versailles. Ce n’est pas quelqu’un qui venait tous les matins à son lieu de travail dans les Yvelines", explique Maître Christian Delucca, avocat du salarié licencié, dans "Les Grandes Gueules" ce mercredi sur RMC et RMC Story.

"L’employeur a joué sur la corde sensible de la santé du salarié"

Selon lui, son client a déménagé après s’être remarié parce qu’il n’avait plus les moyens de vivre en région parisienne et parce qu'il n'avait pas à se trouver à Versailles tous les jours, donc.

"L’employeur a joué sur la corde sensible de la santé du salarié qui fait 400 kilomètres soi-disant tous les jours. L’employeur a utilisé l’email où il disait qu’il avait besoin de repos, mais ce n’est pas parce qu’il allait tout le temps dans les Yvelines, mais parce qu’il était envoyé à droite, à gauche, dans le sud, par son employeur", estime Christian Delucca.

L’avocat déplore également que la demande de transfert de son client dans une autre agence de l’entreprise dans le Morbihan ait été refusée, alors que dans le même temps, le télétravail se développe depuis 2020 et la pandémie.

G.D.