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Vacances d'été: les restaurateurs toujours à la recherche urgente d'employés

Si la demande touristique s'annonce forte pour la période estivale, les professionnels s'inquiètent de ne pas avoir suffisamment de bras pour y répondre. Près de 360.000 postes seraient encore à pourvoir.

Le regard est fatigué à la fin du service du midi: "Aujourd'hui, on n'a pas de bras pour travailler, on n'a rien". Par manque de personnel, Hervé Audureau, le gérant du restaurant Zagaya à Pornic, ne peut pas ouvrir 7 jours sur 7. "On ferme le lundi soir, on ferme le mardi soir et le mercredi toute la journée", raconte-t-il au micro de RMC.

Même conséquence pour David Cozette, le commentateur basket et propriétaire du Bor, un restaurant de Hyères, dans le Var. Il lui manque encore deux personnes en cuisine: "S'il nous manque encore du monde cet été, on sera obligé de limiter le nombre de couverts. C'est ce qu'on a fait l'été dernier les 15 premiers jours d'août, on avait limité la jauge à 30 couverts midi et soir alors qu'on peut faire 90 ou 100".

"Les salaires, ils sont assez conséquents"

Car le secteur du tourisme peine toujours à recruter. Selon le ministère du travail et Pôle emploi, 360.000 postes restent à pourvoir. Autre chiffre inquiétant, un peu plus de 10% des établissements de ce secteur risquent de ne pas pouvoir ouvrir de façon optimale cet été à cause d'un manque de personnel selon l'Institut français du tourisme.

Jacques Mestre, restaurateur depuis 50 ans, et gérant du restaurant "Le Clipper" sur le port de la Grande-Motte, dans l’Hérault, lance un appel: "Les salaires, il faut arrêter, ils sont assez conséquents mais on ne trouve personne. Ceux qui sont en place essaient de compenser mais nous attaquons la saison et ça devient angoissant. Au bout, il y a les charges qui augmentent et le PGE (prêt garanti par l'Etat) que nous ne pourrons bientôt plus payer. Faites ce que vous voulez, baissez les charges mais envoyez-nous le personnel!".

Les bonnes perspectives du tourisme en France pour la saison 2022

Mardi, le gouvernement et le secrétaire d'Etat chargé du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne se sont pourtant félicités dans une conférence de presse de la très bonne forme du tourisme français et des perspectives pour la saison estivale. Dans l'hôtellerie de plein air, les réservations ont augmenté de 30% pour juillet et août par rapport à 2019 à la même période.

Mais pour Catherine Querard, présidente du Groupement national des indépendants du Grand-ouest, ces bonnes perspectives sont d'autant plus frustrantes pour les professionnels et les clients. "On a ce risque d'établissements fermés le 15 août. On a aussi un risque d'avoir des services raccourcis et de moins bonne qualité que d'habitude. Quand on connaît l'art de vivre à la française, c'est difficile", déplore-t-elle.

La solution pour les professionnels et les partenaires sociaux, rendre le métier plus attractif, réévaluer les grilles de salaires et revoir les rythmes de travail.

Florian Chevallay et Lionel Dian (avec G.D.)