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UE: les taux d'intérêt n'ont jamais augmenté aussi vite, quelles conséquences en France?

Les taux d'intérêt de la banque centrale européenne s'envolent, avec des conséquences concrètes sur nos finances en France.

Depuis que l’Euro existe, jamais les taux d’intérêt européens n’ont augmenté aussi vite et aussi fort qu’en 2022. Il faut rappeler que la mission de la banque centrale européenne (BCE) est de maintenir l’inflation à un rythme de 2%, jugé idéal pour permettre une croissance équilibrée de nos économies.

Pour régler ce niveau de 2%, elle dispose d’un thermostat, les taux d’intérêt. Quand ça chauffe sur les prix, elle les augmente, le crédit devient plus cher, les ménages et les entreprises dépensent moins, l’activité ralentit et la température sur les prix redescend.

C’est exactement ce qui s’est passé cette année: pour lutter contre la flambée des prix, les taux à court terme, encore nuls en juillet; sont remontés à 2,5% aujourd’hui. Tandis que les taux à 10 ans sont remontés de 0 en janvier à 2,7% aujourd’hui.

Quelles sont les conséquences d’un argent "plus cher"?

Il y a quelques effets positifs à tout cela car cela permet de mieux rémunérer l’épargne par exemple. L'assurance vie à +1,3% en 2021, entre +1.8% et +2.6% nets de frais de gestion en 2022. Ou encore le livret A: on sera à 3% voire 3.23% en février, alors qu'on était à 0.5 en février 2022.

Mais il y a aussi des effets négatifs: le coût des crédits à la consommation par exemple qui vont prendre 1 point de hausse sur un emprunt de 10.000 euros sur 4 ans, soit une centaine d’euros euros par an.

Catastrophe pour les crédits immobiliers?

L’impact le plus fort, il risque de se voir sur les crédits immobiliers. Les taux d’emprunt ont été multipliés par plus de 2 depuis le début de l’année. Pour donner un ordre d’idée: il y a un an, un célibataire qui gagne 3.500 euros par mois pouvait emprunter 249.000 euros sur 20 ans pour un cout de crédit de 44.600 euros. Aujourd’hui, il ne peut emprunter que 222.000 euros (27.000 de moins) et ça lui coûte 72.500 euros de crédit.

Et les banquiers centraux ont indiqué que la hausse n’était pas finie. Attention à ne pas casser définitivement la croissance.

Emmanuel Lechypre (édité par J.A.)