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Ecoutes de la NSA: ce que fait la France en matière d'espionnage

La France a appelé mercredi Washington à "réparer les dégâts" provoqués par les pratiques "inacceptables" des services secrets américains qui ont écouté pendant de longues années les trois derniers présidents français. Pourtant, en matière d'espionnage, Paris n'est pas irréprochable…

L'information a fait l'effet d'une bombe. De 2006 à 2012, trois présidents français ont été espionnés par la NSA, dont François Hollande. Ce mercredi, la France a donc appelé Washington à "réparer les dégâts" provoqués par les pratiques "inacceptables" des services secrets américains. De plus, à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Manuel Valls a réclamé un "code de bonne conduite" déjà exigé par les Européens en 2013 (quand les révélations sur l'espionnage américain portaient sur les écoutes des dirigeants allemands, brésiliens ou mexicains). Pourtant, en matière d'espionnage, Paris n'est pas irréprochable…

En effet, ces dix dernières années la France a développé un réseau mondial d'interceptions des communications qui passent par les satellites ou par les câbles sous-marins. Tous les pays sont exposés, même les pays alliés. Concrètement, une trentaine de bases d'écoutes sont installées aux quatre coins du monde: l'une d'elle est dissimulée dans la forêt guyanaise, une autre se trouve aux Antilles... Un positionnement pratique pour espionner les Etats-Unis car les satellites qui arrosent le pays se trouvent juste au-dessus de la Guyane. Alors la France n'écoute peut-être pas Barack Obama, en revanche, il est certain qu'elle intercepte des milliers de conversations circulant dans ce pays.

Des milliers de conversations interceptées aux Etats-Unis

D'autres bases se trouvent en Afrique, à Mayotte, au Proche-Orient tout comme, c'est une évidence, sur le territoire français. Les antennes de ces bases sont mobiles: elles peuvent changer d’orientation selon les jours et les objectifs des services de renseignement. Dans chacune de ces bases, des techniciens travaillent 24h/24, 7jours/7. Des numéros de téléphone, des emails, des mots clés… permettent aux ordinateurs de faire le tri et de cibler des conversations potentiellement sensibles. 

Une fois ces conversations isolées par informatique, les techniciens sélectionnent les plus intéressantes, qu'elles soient politiques ou économiques (portant par exemple sur des marchés ou des négociations de contrats). Quand c'est le cas, elles sont immédiatement transférées aux services de renseignement, à Paris, qui en avertit qui de droit.

M.R avec Stéphanie Collié