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Élèves confinés à Dammartin: "Les enseignants y sont formés", les parents "sont inquiets"

Des écoliers de Dammartin évacuées par les forces de l'ordre.

Des écoliers de Dammartin évacuées par les forces de l'ordre. - Dominique Faget - AFP

Les élèves de plusieurs établissements scolaires de Dammartin-en-Goële et des alentours ont été confinés dans leurs classes, à l'arrivée dans la commune des frères Kouachi, suspectés d'être les auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo, avant d'être évacués. Une procédure à laquelle les enseignants sont préparés, mais qui n'empêchent pas l'angoisse des parents.

Plusieurs établissements scolaires, dont deux écoles de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), ont été d'abord confinés, puis évacués, lorsque l'on a appris que les frères Kouachi, auteurs présumés de l'attentat sanglant contre Charlie Hebdo, s'étaient réfugiés dans un bâtiment d'une zone industrielle de la commune.

"Les enseignants sont formés à ce type de confinements", a expliqué sur RMC Sophie, institutrice qui a appelé Eric Brunet au 3216. "Depuis quelques années, on fait dans les établissements des exercices, au même titre que l'on fait des exercices d'évacuation incendies, avec des consignes très spécifiques et des lieux de confinements bien définies: ça peut-être la classe, le gymnase ou un endroit de l'établissement qui est assez grand pour accueillir les élèves. Si c'est dans la classe, c'est au sol, avec les volets fermés et bien entendu le plus loin possible des fenêtres. On a ensuite des retours avec les chefs d'établissements pour faire un point sur le déroulement de cet exercice", a-t-elle détaillé.

"Tous les enseignants ont suivi ce genre de formation. On fait un exercice de confinement au moins une fois par an dans tous les établissements scolaires depuis une petite dizaine d'années", a poursuivi l'institutrice.

"Des activités pour rassurer les enfants"

Durant ces périodes de confinements, des activités sont mises en place pour les enfants, en fonction de leur âge. "Ces activités, c'est pour les occuper et les rassurer au maximum", explique Sophie, bien consciente toutefois que "c'est une journée exceptionnelle et que les enfants vont être très marqués par ce qu'ils vivent en ce moment".

Leurs parents aussi, ne sont pas près d'oublier cette journée, car lorsqu'il y a confinement des enfants, "les parents ne peuvent pas accéder aux écoles ou aux établissements ni ne peuvent téléphoner puisque les lignes sont sécurisées et uniquement réservées aux préfectures de police ou aux institutions académiques", a ajouté Sophie. Des parents qui sont toutefois censés être prévenus de ces mesures dès le début de l'année. "Je suis également parent, ajoute Sophie. Tous les ans à la rentrée on nous remet dans le carnet de liaison des enfants le déroulement d'un exercice de confinement et la conduite que nous, parents, devons tenir dans une telle situation".

Rémy, papa d'une élève confinée: "C'est beaucoup d'inquiétude"

Reste que le confinement et l'impossibilité de contacter les enfants est source d'angoisse pour les parents. Une angoisse qu'a vécue ce vendredi Rémy, père d'une petite Anaïs, scolarisée dans une école de Dammartin-en-Goële dont les élèves ont été rapidement confinés après l'arrivée des frères Kouachi dans la commune. "On a l'espoir de récupérer notre enfant le plus tôt possible, confiait-il à la mi-journée à une journaliste de RMC. C'est la première année de maternelle de notre fille, donc c'est beaucoup d'inquiétude, beaucoup d'angoisse forcément. J'imagine que les professionnels sont là pour bien s'occuper d'elle".

"Elle était déjà perturbée hier soir (jeudi). Elle posait beaucoup de questions, avait du mal à s'endormir. Cela fait mal au cœur de savoir qu'elle a peur, qu'elle est éloignée de nous", déplorait-il avant que l'école soit finalement évacuée peu de temps après.

P. Gril avec E. Brunet et M. Régnier