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Emploi: pourquoi les chiffres du chômage sont en baisse

Dans "Apolline Matin" ce jeudi sur RMC et RMC Story, Emmanuel Lechypre est revenu sur les derniers chiffres du chômage, en nette baisse.

De toute la batterie de chiffres publiés ce mercredi sur le chômage et l’emploi, s’il fallait n’en retenir qu’un, ce serait celui-là: 370 jours. C’est la durée moyenne d’inscription à Pole Emploi des gens qui reprennent un travail. C’est un record historique : jamais ce nombre de jours n’avait été aussi élevé. Pourquoi c’est une bonne nouvelle ? C’est le signe qu’on ramène sur le marché du travail de plus en plus de gens qui s’en étaient éloignés. 

Autre catégorie vulnérable : les jeunes. En 2021, le chômage des jeunes aura ainsi reculé de 17,8%, soit 87.400 inscrits en moins. On est au plus bas, en catégorie A-B-C depuis l’hiver 2009 ! 

Depuis quand n’a-t-on pas eu des chiffres aussi bons sur le marché du travail ? Le nombre de chômeurs a atteint au quatrième trimestre son plus bas niveau depuis l’été 2012, clôturant l'année 2021 par une baisse record de 5,9% pour la catégorie à 3,336 millions. En incluant l'activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs est en baisse au quatrième trimestre de 3,6%, au plus bas depuis l’hiver 2015. 

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Des dizaines de milliers de postes à pourvoir 

Comment expliquer cette baisse du chômage? Il y a des raisons conjoncturelles. Le boom post-crise: fin 2021, les offres d’emploi déposées chez l'opérateur public ont ainsi progressé de 28% par rapport à fin 2019, dernière année "normale" avant Covid. Des raisons liées aux cadres aussi. Selon l’Apec, 67% des entreprises ont l'intention de recruter au moins un cadre, un chiffre qui se compare favorablement aux 50% du début 2021. Et enfin, des raisons structurelles: les réformes entreprises, depuis Myriam El Khomri jusqu’à Muriel Pénicaud, pour fluidifier le marché du travail. Comme la réforme de l’apprentissage, le dispositif 1 jeune 1 solution…

Le vrai problème aujourd’hui, c’est vraiment l’adéquation entre les compétences des salariés et les besoins des entreprises. Il manque à peu près 70.000, 75.000 postes que l’industrie pourrait immédiatement pourvoir. Les professionnels évoquent jusqu’à 150.000 postes manquants dans l’hôtellerie-restauration, le tourisme et du voyage, 170.000 aides-soignants et aides à domicile.

Emmanuel Lechypre