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Enfant poignardé par un camarade à Vénissieux: "L'école ne remplit pas son rôle"

A Vénissieux, un enfant a poignardé l'un de ses camarades de classe de CM2.

A Vénissieux, un enfant a poignardé l'un de ses camarades de classe de CM2. - Fred Dufour - AFP

REPORTAGE - Un élève de 11 ans a poignardé mercredi à Vénissieux l'un de ses camarades de classe de CM2 qui aurait tenté de le racketter depuis plusieurs semaines. Un drame qui choque dans la commune alors que les deux enfants ne s'étaient pas fait remarquer.

Les jours de Mickaël ne sont plus en danger, mais le jeune garçon de 12 ans a été grièvement blessé. C'est son camarade de classe de CM2, Jonathan qui avant le début de la journée d'école mercredi l'a poignardé à l'abdomen avec un couteau de cuisine. Les deux enfants se connaissent bien et sont voisins. Mais depuis une semaine, la victime aurait tenté de racketter son camarade lui réclamant 50 euros sous peine d'être battu. Amidou, animateur scolaire à l'école Anatole France fréquentée par Mickaël et Jonathan a été surpris par la violence des relations entre les deux garçons. A la cantine ou sur les temps périscolaires, il n'a rien vu venir.

"Ca me surprend parce que les deux petits, on ne les a jamais punis, jamais rien. Ils sont calmes, deux anges. Il y en a un qui est en périscolaire, franchement sage", s'étonne-t-il.

"Normalement l'école est un lieu où on doit apprendre"

"Pour en finir avec les menaces, Jonathan aurait donc décidé de poignarder son harceleur. Si quelques élèves de la classe semblaient être au courant de la tentative de racket, le jeune garçon n'aurait jamais avoir évoqué ses soucis avec un adulte. Un problème pour Michèle Picard, la maire de Vénissieux.

"Non ce n'est pas normal d'aller avec un couteau à l'école. Mais peut-être qu'à un moment donné la seule solution pour lui était celle-ci. Je ne dis pas qu'il avait raison, mais comment on fait pour lui amener une autre solution à ce môme-là? En tant que maire et en tant qu'adulte responsable, comment on crée les conditions pour que ces enfants puissent alerter, appeler au secours?", s'interroge-t-elle.

Pour l'élue, cet incident est l'expression d'un échec de la collectivité. "Normalement l'école est un lieu où on doit apprendre, mais si on vit quelque chose de difficile, on ne peut pas apprendre. Ca veut dire que l'école ne remplit pas son rôle", poursuit-elle. Michèle Picard a écrit à la ministre de l'Education nationale pour l'alerter sur le sujet. 

Jonathan a été placé en retenue judiciaire et doit être présenté à un juge ce jeudi pour tentative d'assassinat. Mickaël sera aussi poursuivi devant la justice pour extorsion de fonds. Jean-Pierre Roszenweign, ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny et magistrat honoraire, explique que pour Jonathan, la réponse ne pourra pas être que pénale. "Elle va d'abord être éducative et d'abord familiale. Les parents vont réagir, lui expliquer qu'il a fait quelque chose qui est gravissime", indique le magistrat. Des éducateurs interviendront également pour "assister les parents", précise-t-il encore. Mais pour le jeune garçon, une condamnation interviendra certainement avec pour lui une mention à son casier judiciaire.

C. B avec Gwenaël Windrestin