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Enfants partis faire le jihad: "Ça peut arriver à tout le monde"

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Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a reçu les familles dont les enfants sont partis faire le jihad. Pas de mesures concrètes mais l'occasion pour les familles d'évoquer leur désarroi.

C'est une première. Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, a reçu mardi place Beauvau, des familles dont les enfants sont partis faire le djihad en Syrie. Une rencontre à la demande de ces familles qui se sentent aujourd’hui oubliées. Si aucune nouvelle mesure concrète n'est ressortie de ce rendez-vous, la rencontre a été l'occasion pour les familles d'évoquer leur désarroi.

"On ne nous écoute pas assez", regrette Valérie, dont la fille de 18 ans est partie en Syrie depuis novembre 2013. "Nous avons décidé de sortir de l’ombre et de parler. Nous n’avons pas mis au monde des terroristes".

"Nous devons être considérés comme victime, pour que les gens comprennent que cela peut toucher tout le monde", poursuit-elle. "C’est une douleur que je ne souhaite à personne. Je n’ai pas demandé à ce que ma fille parte pour avoir des enfants, je n’ai pas demandé tout ça".

"Une douleur que je ne souhaite à personne"

80 combattants djihadistes d'origine française sont morts en Syrie et en Irak, a annoncé, lundi, Manuel Valls. Par ailleurs, toujours selon le Premier ministre, environ 750 d'entre eux y séjournent ou y ont séjourné. 410 seraient aujourd'hui sur place et 260 repartis.

Félix, le fils de Marie, est parti en Syrie en septembre dernier. Aujourd'hui, il ne veut pas rentrer en France, par peur d'être accusé de traîtrise, mais aussi par crainte d'être emprisonné à son retour en France. Pour Marie, prévenir les départs en Syrie, c'est bien, mais que fait-on pour ceux qui veulent revenir ?

"Il y a un travail de prévention qui est fait pour empêcher les enfants de partir, mais que fait-on de ceux qui sont là-bas?", s'interroge-t-elle. "Certains d’entre eux sont en souffrance, ils manifestent pour certains le désir de rentrer. Mais on ne leur offre aucune perspective. Ils sont en danger là-bas car s’ils quittent les lieux, ils deviennent des traitres, s’ils fuient, ils peuvent être tués par les Syriens ou la police turque. Et quand ils arrivent en France, c‘est la prison qui les attend".

Bernard Cazeneuve a promis de revoir les familles dans 1 mois et demi.

Antoine Perrin avec E.B.