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Enterré ou incinéré? Pourquoi les points de vue divergent avec l'âge

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Les jeunes préfèrent être enterrés après leur mort alors que les seniors privilégient la crémation, selon un sondage Ipsos publié mardi pour les Services funéraires de la ville de Paris.

Vous préférez être incinéré ou enterré? Un sondage Ipsos pour les Services funéraires de la ville de Paris, publié mardi dernier, révèle que la jeune génération préfère majoritairement l'inhumation. Ils sont 6 sur 10 à l'envisager, 10 points de plus par rapport à 2008.

"On observe que les pratiquants, catholiques, juifs ou musulmans, sont de plus en plus partisans de l’inhumation", confirme François Michaud-Nérard, directeur général des services funéraires de la ville de Paris. 

"Il y a la volonté de se rattacher à un certain nombre de préceptes identitaire", explique-t-il. "Le fait d’être inhumé, c’est le rattachement à la terre et à ses origines. La crémation correspond plus à la volonté de ne pas être une charge pour ses proches et ne pas peser sur la société. Actuellement, il semble que les jeunes ont besoin de se rattacher un certain nombre de certitudes dans un monde mondialisé, qui va de plus en plus vite, où les gens perdent des repères."

L'incinération, "plus simple pour tout le monde"

Pour Tanguy Chatel, l’inhumation symbolise "cette recherche de lenteur puisque la décomposition du corps est évidemment beaucoup plus lente que lors de la crémation."

Au contraire, les seniors plébiscitent de plus en plus l'incinération: ils sont 57% aujourd'hui à la privilégier, soit 14 points de plus qu'il y a 7 ans.

"Ma grand-mère et ma mère sont mortes. On se sent obligé d’aller faire quelque chose sur la tombe, de se rappeler pas forcément que des bons souvenirs", explique Yann, 52 ans. "Me faire incinérer me paraissait plus simple pour tout le monde."

En revanche, jeunes et moins jeunes se retrouvent sur un point. Plus des trois quarts des Français interrogés restent attachés à l'organisation d'une cérémonie lors des obsèques. Une cérémonie qui n'est pas nécessairement religieuse, puisque 68% des obsèques ne passent pas par un lieu de culte.

Violette Voldoire