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Euro: les Bleus vont être champions d'Europe (selon des intelligences artificielles)

C'EST DEJA DEMAIN - Plusieurs simulations numériques prédisent depuis le début de la compétition une victoire de la France.

Les Bleus, vainqueurs de l’Euro selon l’intelligence artificielle. Plusieurs simulations numériques prédisent depuis le début de la compétition une victoire de la France. Une manière comme une autre de se rassurer avant le match de ce soir contre la Suisse.

En tout cas, les Bleus ont le big data avec eux, autrement dit, l’analyse de données via des simulations numériques les donne grands favoris.

 Depuis le début de la compétition, deux simulations statistiques, l’une menée par une équipe européenne de chercheurs, l’autre par Stats Perform, une entreprise américaine spécialisée dans l’analyse de données sportives. 

Ils ont fait mouliner des algorithmes, des programmes informatiques auxquels on a fait ingurgiter des masses de données sur le football, les performances passées des différentes équipes lors des compétitions internationales, les performances individuelles des joueurs, des données de jeu sur des milliers de matchs, la force relative de ses adversaires dans son chemin vers la finale, les cotes des paris sportifs, mais aussi, dans certains modèles numériques, des éléments comme la météo, ou même le temps de trajet entre l’hôtel et le stade.

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Puis le reste du tournoi est simulé 40.000 fois, et en fonction de ça, on se retrouve avec une probabilité que l’équipe progresse ou non jusqu’au prochain stade de la compétition.

Et à la fin, on se retrouve avec un pourcentage de victoire finale: 19,7% pour la France, 16,3% pour la Belgique, 12,1% pour l’Espagne. Ce qui signifie que statistiquement, si la compétition devait avoir lieu 100 fois, les Bleus gagneraient 20 fois. Ce n’est absolument pas une certitude donc, mais on est mieux placés que les autres.

De la réussite par le passé

On verra si ces pronostics numériques tombent juste, mais par le passé avec ce genre de simulation, on a obtenu des résultats étonnants.

Lors de la dernière coupe du monde, l’éditeur du jeu vidéo FIFA a fait tourner une simulation virtuelle de la Coupe du monde en se basant sur les paramètres du jeu, qui reproduit de manière très fine les forces et les faiblesses de chaque joueur et de chaque équipe. Ils disposent d’une base de données monumentale sur les joueurs, leurs caractéristiques, leur forme du moment. Et ses pronostics sont révélés étonnamment précise. La France élimine l’Argentine en 8e, qui bat l’Uruguay 2-0 en quarts, avant de sortir la Belgique en demi et de remporter la compétition. Ca ne s'invente pas. 

Tout ça a été prédit parfaitement avant le début de la compétition, donc avant qu’on ne sache quelles équipes s’affronteraient en phases finales. Et ce qui est encore plus troublant, c’est que la même expérience menée lors de la coupe du monde précédente avait prédit une victoire de l’Allemagne. Et quatre ans plus tôt celle de l’Espagne.

Après, ce n’est pas de la magie non plus, les ordinateurs se trompent souvent. D’ailleurs lors du dernier euro, des chercheurs en intelligence artificielle avaient prévu la victoire de l’équipe de France. Raté. Ce qui fait la beauté du sport, c’est précisément que ce ne sont pas que des statistiques, c’est aussi de l’imprévu, une blessure, un coup de fatigue, la qualité de la pelouse à l’instant T. Et ça les ordinateurs sont incapables de le prendre en compte pour l’instant.

Utilisé aussi en politique

Les capacités de prédiction de l’intelligence artificielle sont de plus en plus utilisées. Et pas seulement dans le foot, en politique aussi.

Ce qu’on appelle l’analyse prédictive prédire l’évolution d’une pandémie, l’arrivée d’une catastrophe naturelle ou quel candidat va remporter une élection, de manière plus précise que les sondages, qu’on critique régulièrement. Des algorithmes conçus spécifiquement pour tenter de prédire avec le plus de précision possible l’issue des scrutins.

Ces outils très pointus se basent sur l’analyse sémantique de centaines de millions de publications sur les réseaux sociaux pour essayer de sentir l’humeur de l’opinion publique et d'en dégager des tendances électorales parfois très fines. 

Comme cet outil qui s’appelle MogAI, qui avait notamment permis de prédire l’élection de Trump en 2016, quand personne n’y croyait. Là encore ce n’est pas parfait. L’IA peut sentir l’humeur de l’opinion sur les réseaux sociaux, mais elle ne peut pas deviner qui ira voter, le taux d’abstention, elle ne peut que faire des estimations.

Bref, ça reste un outil technique, avec ses défauts. Mais plus précis que les sondages qui montrent, élection après élection, leurs limites.

Anthony Morel