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Faut-il lever immédiatement les sanctions contre la Russie? Le débat fait rage à l'Assemblée

Christian Jacob

Christian Jacob - AFP

TEMOIGNAGES - Le chef de file des députés Les Républicains Christian Jacob a estimé mardi que cela n'aurait "aucun sens" de maintenir les sanctions à l'encontre de la Russie, si on bâtit une coalition avec ce pays contre l'organisation Etat islamique en Syrie. Une éventualité loin de faire consensus dans la classe politique, et ce au sein même des Républicains.

Les Républicains au secours de la Russie. Le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée, Christian Jacob, a indiqué ce mardi que maintenir les sanctions à l'encontre de la Russie n'a "aucun sens" dans le contexte actuel, alors que le président François Hollande est attendu jeudi à Moscou pour y rencontrer Vladimir Poutine, dans le but de créer une grande coalition internationale pour s'attaquer à l'organisation Etat islamique en Syrie.

Le président François Hollande doit donner "des signes tangibles de l'évolution de sa stratégie diplomatico-militaire", a-t-il ajouté. On a compris "qu'il avait changé de position. Maintenant, il faut que les choses soient très claires", selon lui. Une demande soutenue par Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes. "Je crois qu'il faut être cohérent, déclare-t-il sur RMC. On ne peut pas demander à la Russie d'être partenaire dans le combat contre Daesh et en même temps réclamer des sanctions à l'encontre de cette même Russie".

"Tout le reste ne compte pas"

"Il faut une ligne, une priorité. On est engagé dans un combat vital contre Daesh. On a besoin de la Russie pour le gagner. Tout le reste ne compte pas", estime-t-il encore. Yves Jégo, député UDI de Seine-et-Marne, se range du même avis que ses collègues Républicains. "A partir du moment où il y a un virage dans la diplomatie française et où les circonstances forcent le président de la République à trouver des alliances larges entre les Etats-Unis, la Russie et d'autres pays, il faut être cohérent", explique-t-il.

"On ne peut pas aller voir Poutine pour lui demander de coopérer quand il s'agit de mettre Daesh hors d'état de nuire et d'un autre côté maintenir des sanctions économiques dont on voit bien les limites, considère-t-il encore. Je crois que de temps en temps il faut savoir faire évoluer notre diplomatie en fonction des intérêts vitaux de notre pays. Et la lutte contre Daesh, c'est l'intérêt vital de la France".

"Il ne faut pas embrasser Poutine inconsidérément"

Cependant la requête de Christian Jacob est loin de faire l'unanimité. Au sein même des Républicains, il y a des réfractaires à toute levée des sanctions. C'est le cas par exemple du député de la Drôme, Hervé Mariton: "Je vois bien le risque aujourd'hui de passer dans une situation où personne ne voulait avoir de relations avec la Russie à une situation d'une naïveté inverse dans laquelle, tout d'un coup, la France s'alignerait sur la Russie".

"Je pense que l'embargo est un des éléments du débat, poursuit-il. Mais après que beaucoup ont brûlé la Russie hier, je considère aujourd'hui qu'il ne faut pas embrasser Poutine inconsidérément". Plus tôt mardi, le vice-président du Front national Florian Philippot s'était aussi dit favorable à la levée des sanctions à l'encontre de la Russie, constituant selon lui une "erreur diplomatique" et un "drame économique".

Maxime Ricard avec Jean-Baptiste Durand