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Formation interreligieuse à Sciences Po: "L'enjeu, c'est de connaître l'autre"

François Clavairoly, président de la fédération protestante de France, ce vendredi.

François Clavairoly, président de la fédération protestante de France, ce vendredi. - RMC

L'institut de la rue Saint-Guillaume et les principales religions en France s’allient pour proposer une formation œcuménique inédite, avec la volonté de décrisper les questions concernant le fait religieux. "La France est en train de prendre conscience qu'il faut se parler un peu plus", juge François Clavairoly, président de la fédération protestante de France, ce vendredi sur RMC.

Une trentaine d'étudiants un peu hors normes sont attendus sur les bancs de Science Po à la rentrée prochaine. L’institut de la rue Saint-Guillaume à Paris va proposer une formation à l'interreligieux, destinée aux cadres et futurs cadres religieux de tous les cultes. Une formation œcuménique inédite, avec la volonté de décrisper les questions concernant le fait religieux.

"C'est une initiative qui vient de responsables religieux d'abord: des prêtres, des rabbins, des pasteurs, des imams, qui ont souhaité que la formation des ministres du culte soit une formation, aussi, au plan interreligieux", explique François Clavairoly, président de la fédération protestante de France, ce vendredi sur RMC.

"Comprendre l'autre"

Une initiative qui a rencontré un accueil favorable de Science Po. L'enjeu de cette formation, "c'est de connaître l'autre", ajoute François Clavairoly. "Dans les formations initiales de la plupart des cultes, l'aspect interreligieux - c'est-à-dire la connaissance de l'autre - passe un peu au second plan".

Objectif de cette formation: "comprendre la tradition, la culture, l'état d'esprit, et croiser des lectures critiques des uns et des autres", indique-t-il.

"C'est une chose qui existait déjà dans les associations interreligieuses, dans un certain nombre de groupes de travail. Mais là, la cible, c'est l'ensemble des ministres des cultes", précise-t-il. 

"Il y a effectivement une méconnaissance"

Pour autant, hors de question pour François Clavairoly de voir dans la mise sur pied d'un tel programme le signe d'une crispation croissante autour du fait religieux en France.

"Il y a effectivement une méconnaissance, mais il y a aussi toute une série d'initiatives qui militent dans le sens de la rencontre et de la reconnaissance mutuelle", reconnaît-il. "La France est en train de prendre conscience qu'il faut se parler un peu plus".

Ce programme, prévu sur une durée de neuf mois, débouchera sur un certificat.

C. P.