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Fresque controversée à Grenoble: "Il faut soutenir les policiers mais aussi défendre la liberté d'expression"

Une fresque peinte sur un mur de Grenoble, représentant une Marianne matraquée par deux policiers, suscite depuis dimanche la polémique. Sur RMC, Eric Piolle, le maire (EELV) de la ville, a défendu cette œuvre: "C'est le but des artistes que de venir nous interpeller sous différentes formes".

Une fresque peinte sur un mur de Grenoble, représentant une Marianne matraquée par deux policiers, a fait naître une vive polémique dimanche, d'autant plus vive que l'oeuvre a été réalisée dans le cadre d'un festival de street art subventionné par la mairie écologiste de la ville. Plus précisément, l'oeuvre, due à l'artiste Goin, représente une femme à terre, tenant un drapeau bleu-blanc-rouge effiloché, frappée par deux policiers anti-émeute.

Cette fresque a suscité de nombreuses réactions dont celle, indignée, de Bernard Cazeneuve sur Twitter : "Plein soutien aux policiers qui protègent chaque jour les Grenoblois, et qui attendent d'Eric Piolle qu'il leur dise ses regrets", a écrit le ministre de l'Intérieur. Face à la polémique naissante, Eric Piolle, le maire EELV de la ville a tenu à réagir. "Je crois que Bernard Cazeneuve ne se met pas sur le bon plan, a-t-il estimé sur RMC. Il faut à la fois soutenir les policiers, qui ont en ce moment un rôle très délicat, et rester solide sur nos fondamentaux dont font partie la liberté d'expression, de création artistique".

"Il ne faut pas se tromper de débat"

"L'art a toujours eu une fonction subversive, poursuit l'édile. Et comme l'a indiqué la ministre de la Culture, il ne faut pas se tromper de débat. Nous sommes là dans un débat sur la liberté d'expression. La question n'est donc pas de commenter cette œuvre mais de dire que nous soutenons les policiers, que nous sommes derrière eux, comme nous étions derrière Charlie, pour défendre cette liberté d'expression".

Alors que l'artiste à l'origine de cette fresque s'est défendu en déclarant: "Cela provoque le débat, c'est le but de mon travail", Eric Piolle lui a maintenu son soutien: "C'est effectivement le but des artistes que de venir nous interpeller sous différentes formes". Et d'ajouter que cette fresque sera maintenue comme prévu: "C'est de l'art éphémère. Cela a été fait sur un mur qui doit être détruit la semaine prochaine et il ne le sera pas avant".