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Gaspillage alimentaire: "L'équivalent de 17 Stades de France jeté chaque année"

Récupérer les fruits et légumes "moches" pour les revendre à des prix attractifs, c'est la solution de l’entreprise "Les gueules cassées" pour réduire le gaspillage alimentaire. (Photo d'illustration).

Récupérer les fruits et légumes "moches" pour les revendre à des prix attractifs, c'est la solution de l’entreprise "Les gueules cassées" pour réduire le gaspillage alimentaire. (Photo d'illustration). - Philippe Huguen - AFP

Alors qu'un rapport préconise d'interdire aux grandes surfaces de jeter leurs invendus pour éviter le gaspillage alimentaire, une PME récupère les fruits et légumes difformes rejetés par les hypermarchés pour les revendre à des prix attractifs. Et ça marche. Reportage.

Sans attendre qu'il soit interdit à la grande distribution de jeter les produits invendus, comme le préconise un rapport d'un député socialiste remis mardi aux ministères de l'Écologie et de l'Agriculture, une entreprise s'occupe déjà de revendre les fruits et légumes difformes qui ne trouvent pas preneurs auprès des grandes surfaces. Carottes tordues, poires tâchées... les fruits et légumes "moches" que les hypermarchés refusent habituellement, sont ainsi revendus moins chers. Et ça marche, comme a pu le constater RMC dans un supermarché parisien. Car comme Isabelle, il y a des clients qui y trouvent leur compte: "Je suis complètement indifférente à l'aspect du fruit, assure-t-elle. Peu importe leur aspect. Je trouve ça très intéressant de ne pas gâcher, d'autant que le prix est très intéressant. Je paie mes fruits deux fois moins chers et ils sont meilleurs, donc je suis totalement gagnante".

"J'ai confiance dans le consommateur"

Le créateur de cette initiative, c'est Nicolas Chabanne. Il est parti d'un constat accablant : "le gâchis en France, c'est 17 millions de tonnes par an. Cela représente 17 fois le Stade de France rempli à ras bord de fruits et légumes parfaitement consommables qui sont jetés chaque année". "J'ai vraiment confiance dans le fait que le consommateur soit vraiment moteur parce qu'il va limiter le gaspillage tout en faisant des économies", ajoute-t-il.

L'entreprise veut aller plus loin. Bientôt sur chaque produit acheté, un centime sera prélevé pour distribuer les produits invendus aux associations. "Cet argent ainsi dégager servira à acheter des équipements pour le secteur associatif: des camions réfrigérés, des espaces de stockage, et une capacité qu'aura écosphère à travers ce fond d'investissement à financer des emplois qui contribueront à améliorer la qualité du don".

Pour sa démarche, l'entreprise "Les gueules cassées" a reçu l'an dernier le Trophée PME d'RMC.

Philippe Gril avec Victor Joanin