RMC

Général Patrick Charaix: "On n'éradique pas Daesh en ne bombardant qu'en Irak"

Le Général Patrick Charaix, ancien commandant des forces aériennes stratégiques, invité ce lundi de Jean-Jacques Bourdin.

Le Général Patrick Charaix, ancien commandant des forces aériennes stratégiques, invité ce lundi de Jean-Jacques Bourdin. - Capture RMC découverte

François Hollande pourrait annoncer ce lundi lors de sa conférence de presse, des mesures pour lutter contre Daesh en Syrie. Invité ce lundi de Jean-Jacques Bourdin, le Général Patrick Charaix, ancien commandant des forces aériennes stratégiques, estime qu'une intervention en Syrie est indispensable si le gouvernement veut freiner l'expansion de Daesh.

Face à la crise des migrants, la réponse pourrait être de lutter plus frontalement contre Daesh en Syrie, d'où proviennent de nombreux réfugiés. François Hollande a annoncé ce lundi lors de sa conférence de presse ce lundi à l'Élysée, des "vols de reconnaissance" de l'aviation française dès ce mardi "pour permettre des frappes contre Daesh" en Syrie. Des frappes aériennes jusqu'à présent limitées à l'Irak. La France est engagée depuis septembre 2014 dans la coalition mise en place contre l'autoproclamé État Islamique (EI) en Irak mais s'est refusée jusqu'à présent à intervenir militairement en Syrie.

"Nos avions ont tiré 200 fois sur des cibles de Daesh"

"L'armée française intervient tous les jours en Irak", rappelle sur RMC le Général Patrick Charaix, ancien pilote de défense aérienne et ancien commandant des forces aériennes stratégiques. Si les résultats ne paraissent pas spectaculaire après presque un an de frappes françaises en Irak, le Général Charaix précise : "Nous n'avons que 12 avions: six Rafales et six Mirage 2 000. Les américains ont tiré 6.400 fois, nous nous avons tiré 200 fois (sur des cibles de Daesh)". "En ne tirant qu'en Irak on n'éradique pas Daesh, reconnaît-il. On a détruit (sic) environ 10.000 soldats, mais Daesh récupère du personnel et du matériel dans 80 pays. C'est un peu un coup d'épée dans l'eau".

Vers une coalition entre pays chiites et sunnites?

Face à l'avancée de Daesh, au risque terroriste qui ne baisse pas sur notre sol, et face à l'afflux de réfugiés, de plus en plus de voix en France réclament donc une intervention en Syrie. Mais François Hollande a-t-il raison d'exclure l'envoi de troupes au sol ? "Comme dans tous ces conflits-là, si on veut tenir le terrain, il faut des troupes au sol", explique le Général Patrick Charaix. Selon l'ancien commandant des forces aériennes stratégiques, la présence de soldats français en Syrie ne serait de toute façon pas forcément utiles, puisque l'armée pourrait s'appuyer sur des soldats issus de la coalition de plusieurs pays qui sont partie prenante dans la lutte contre Daesh. "Ce ne seraient pas forcément des soldats français, mais une coalition, avec des Russes, des Iraniens…".

Il l'assure, malgré leurs divisions, sunnites et chiites sont prêts à coopérer face à leur ennemi commune de Daesh: "Aujourd'hui il y a des tractations pour faire une coalition entre les Russes, les Iraniens, les Syriens et l'Arabie Saoudite".

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin